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Conflits commerciaux : Couillard veut que le Québec fasse front commun devant les États-Unis

Devant les crises commerciales qui prennent de l'ampleur avec les États-Unis, le premier ministre Philippe Couillard a rassemblé les principaux acteurs de la société québécoise afin de monter un front commun face à l'administration Trump et ses mesures protectionnistes.

Des représentants du monde des affaires et des milieux syndical, agricole et artistique étaient convoqués mardi à l'Assemblée nationale afin de discuter d'enjeux commerciaux cruciaux pour le Québec vis-à-vis des États-Unis.

Planifiée depuis un bon moment, cette table ronde ne pouvait être plus à propos au lendemain de l'imposition, par les États-Unis, de nouvelles taxes punitives sur le bois d'oeuvre canadien.

Si le dossier du bois d'oeuvre a dominé la rencontre, d'autres sujets figuraient toutefois au programme des discussions : la renégociation de l'Accord de libre-échange nord-américain (ALENA) dès la mi-août et les nouvelles règles canadiennes sur les produits dérivés du lait, que Washington veut faire abolir.

Avec ces litiges commerciaux canado-américains en toile de fond, jamais Philippe Couillard n'avait réuni autant de monde pour discuter de la manière dont le Québec tirera son épingle du jeu.

Plusieurs ministres de son Cabinet ont participé aux pourparlers aux côtés d'élus municipaux, de représentants du Conseil du patronat et de syndicats tels que la CSN, la FTQ et l'Union des artistes (UDA). Au total, on dénombrait une vingtaine de participants.

Le premier ministre Couillard a ouvert les discussions en citant le contexte « incertain et l'incertitude globale qui nous touchent tous directement ».

Il a aussi cité « les économies émergentes, le contexte géopolitique, la mobilité des personnes et les nouvelles technologies numériques » comme autant de facteurs qui peuvent changer la donne pour le Québec.

Dans cette conjoncture, Philippe Couillard souhaite que le Québec « se serre les coudes » avec une détermination telle qu'elle ne pourra échapper aux Américains.

Les ministres du gouvernement de Philippe Couillard ont effectué 19 missions aux États-Unis depuis janvier.

Et le premier ministre du Québec s'est rendu la semaine dernière à Washington, ce qui lui a permis de s'entretenir une vingtaine de minutes avec le secrétaire américain au Commerce, Wilbur Ross.

Raymond Bachand, conseiller spécial du Québec dans la renégociation de l'ALENA, était présent à la table ronde de mardi. Il estime important de montrer aux Américains qu'il y a concertation et consultation au Québec et qu'il y a « un bon consensus. C'est pas une affaire partisane, c'est pas une affaire syndicale, patronale, culturelle; tout le monde est ensemble ».

En vue de cette renégociation de l'accord, Marcel Groleau, président général de l'Union des producteurs agricoles du Québec (UPA), espère que les producteurs québécois obtiendront un meilleur accès au marché américain. Il estime que si tel est le cas, « le secteur de l’agroalimentaire au Québec pourrait croître de 30 % dans les prochaines années ».

Le bois d'oeuvre au coeur des débats

André Tremblay, PDG du Conseil de l'industrie forestière du Québec, assistait aussi à la rencontre. Il considère que les États-Unis doivent comprendre que le Québec n'est pas là pour dérober des emplois aux citoyens américains. « On contribue à l'essor de leur économie, entre autres en ce qui concerne le bois d'oeuvre », a-t-il dit.

Louise Chabot, présidente de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), a souligné que la crise récurrente du bois d'oeuvre affecte particulièrement les régions, et entraîne des répercussions qui vont au-delà des entreprises touchées. « En termes de vitalité des régions, en termes de services, comme organisation syndicale et aussi sur la main-d’oeuvre, je pense que dans ce sens-là, on a un grand rôle à jouer », soutient Mme Chabot.

La ministre de l'Économie, Dominique Anglade, s'est montrée rassurante et a assuré que Québec « ira jusqu'au bout » pour défendre son industrie. « Il est impératif pour nous de mettre en place un système qui va faire en sorte qu’on va passer à travers la crise sans pertes d’emplois », a-t-elle déclaré.

Une vingtaine d'entreprises sont déjà en discussions « actives » avec le gouvernement afin d'obtenir une forme d'aide, a mentionné la ministre.

L'industrie forestière estime qu'elle devra verser quelque 300 millions de dollars en droits compensatoires et antidumping d'ici un an, des sommes qu'elle ne pourra investir dans l'économie québécoise.

Les droits compensatoires visent à contrebalancer ce que les États-Unis considèrent comme des subventions illégales au Canada, alors que les tarifs antidumping constituent une réplique à des prix de vente qui seraient inférieurs à ceux du marché.

Le Conference Board du Canada a dit que les droits compensatoires américains coûteront 1,7 milliard de dollars en un an aux producteurs canadiens et qu'ils se traduiront par l'abolition de 2200 emplois.

Avec les informations de Sébastien Bovet et de Mathieu Dion

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