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Congrès à Edmonton: le NPD se réunit dans son dernier bastion

L'Alberta. C'est la province qui a été choisie par le NPD pour tenir son congrès qui se déroulera au cours des prochains jours dans la capitale, Edmonton. Cette province, longtemps réputée pour être le chef-lieu du conservatisme canadien, est maintenant l'une des dernières représentées par un gouvernement néo-démocrate.

Un texte de Raphaël Bouvier-Auclair

En mai 2015, les néo-démocrates, d'un bout à l'autre du pays, jubilaient. Leurs confrères albertains, sous la direction de leur chef Rachel Notley, venaient de prendre le pouvoir dans une province où les progressistes conservateurs régnaient sans partage depuis plus de quatre décennies.

Après la joie de la victoire, les néo-démocrates albertains ont été confrontés à l'exercice du pouvoir, un exercice peu facilité par le contexte économique. Dans les mois qui ont suivi l'élection albertaine, le prix du baril de pétrole n'a cessé de descendre, entraînant dans sa chute le taux d'emploi en Alberta.

La seule autre province dirigée par le NPD est le Manitoba où une campagne électorale est en cours et où la formation du premier ministre sortant Greg Selinger est en danger. Dans ce contexte, les membres du gouvernement albertain savent que les néo-démocrates de partout au pays placent beaucoup d'espoir dans leur gouvernement.

« C'est un travail qui est pas toujours facile, évidemment le pétrole est important dans cette province-là, il y a des problèmes avec les emplois et tout ça. Mais je pense qu'ils travaillent très bien et je les admire », indique la députée fédérale du NPD, Marjolaine Boutin-Sweet

Provinces où le NPD a déjà formé le gouvernement

L'héritage de Bob Rae

Une des craintes du mouvement néo-démocrate, c'est que le scénario du gouvernement de Bob Rae se répète. En 1990, le NPD avait causé la surprise en Ontario en formant un gouvernement majoritaire. Le contexte économique difficile avait forcé son gouvernement à prendre des décisions impopulaires. En 1995, les néo-démocrates ont été chassés du pouvoir à Queen's Park.

Le politologue Frédéric Boily, du campus Saint-Jean de l'Université de l'Alberta, affirme qu'un scénario semblable pourrait se reproduire en Alberta.

Le député néo-démocrate ontarien, Gilles Bisson, a été membre du gouvernement Rae. Il affirme donner des conseils à ses homologues albertains pour qu'ils évitent de répéter certaines erreurs du passé.

« En 1990, quand on s'est présentés, il y a quelques affaires qu'on avait promises et à cause de la situation économique, on ne l'a pas fait, par exemple, les assurances automobiles publiques. Et ça nous a créé des problèmes quand ça vient à la base du parti », affirme-t-il.

L'Alberta, nouvel épicentre du mouvement néo-démocrate

Les troupes de la première ministre albertaine Rachel Notley savent qu'elles sont observées de près par les néo-démocrates de partout au pays. Déjà, beaucoup d'entre eux sont venus en Alberta au cours des derniers mois pour prêter main-forte au nouveau gouvernement.

Dans la garde rapprochée de la première ministre Notley, le chef de cabinet, Brian Topp, est un ancien président du NPD fédéral. Sa chef de cabinet adjointe, Anne McGrath, était, de son côté, directrice nationale du parti. En fait, 10 des 24 employés du bureau de la première ministre albertaine ont travaillé par le passé auprès d'autres formations néo-démocrates. De la Colombie-Britannique à l'Ontario, en passant par la Saskatchewan et le Manitoba.

« Il faut se remettre dans le contexte de l'élection provinciale en mai 2015. Lorsque les néo-démocrates arrivent au pouvoir, ils n'ont pas une organisation très forte en Alberta. Ils ont été obligés d'aller chercher du personnel à l'extérieur de la province, du côté du Manitoba, du côté d'Ottawa, pour se créer une équipe qui leur soit propre », note le politologue Frédéric Boily.

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