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Congrès du PCNB - Blaine Higgs élu chef du Parti progressiste-conservateur du N.-B.

L'ancien ministre des Finances, Blaine Higgs, a été élu à la tête du Parti progressiste-conservateur du Nouveau-Brunswick, samedi, à Fredericton.

Un texte de Antoine Trépanier et de Catherine Allard

Blaine Higgs a remporté la course à la direction du parti avec 57 % des voix (1563 votes), contre l'ancien maire de Saint-Jean, Mel Norton, qui est allé chercher 43 % des voix (1169 votes), au troisième tour. 

« Nous avons un parti à reconstruire, nous avons un parti à unir, mais vous savez quoi, nous avons le parti pour le futur de la province, car nous rassemblons les gens au-delà des lignes de parti », a dit Blaine Higgs à la fin du congrès à Fredericton.

Lors de sa campagne, M. Higgs a souvent dit vouloir enlever la politique du gouvernement et procéder à des changements majeurs pour relancer l'économie au Nouveau-Brunswick.

Mel Norton, qui a terminé en deuxième position, appelle le parti à se rassembler autour du nouveau chef. Le candidat Brian Macdonald s'est également rallié derrière M. Higgs.

Blaine Higgs est unilingue anglophone, mais il promet de devenir bilingue d'ici la tenue de la prochaine élection générale en 2018.

M. Higgs a mené une campagne où il prônait un changement important dans les façons de faire du gouvernement, notamment sur le plan économique et des langues officielles. Ce dernier a déclaré à maintes reprises être en faveur de l'abolition de la dualité dans les transports scolaires et de la fusion des deux régies de santé.

Son approche par rapport aux langues officielles inquiète plusieurs militants et députés de l'aile plus progressiste du parti.

« C'est un résultat que certains vont trouver décevant, ceux qui croient que c'est important d'avoir un leader bilingue qui peut s'adresser aux citoyens dans les deux langues », dit le politologue Roger Ouellette, après l'annonce du vainqueur.

Roger Ouellette estime que les progressistes-conservateurs ont fait un choix qui pourrait leur coûter cher lors des prochaines élections. 

« C'est important que le parti perce chez les francophones et qu'on affirme le bilinguisme », croit Mel Norton.

Ce congrès aura duré près de 12 heures et les militants auront dû voter à trois reprises avant de finalement élire M. Higgs.

Dès le début du congrès, ce dernier a pris les devants sur ses adversaires, en remportant 22,3 % des voix au premier tour. Outre M. Higgs, Mel Norton, l'avocate de Moncton Monica Barley et l'ancien député fédéral de Tobique-Mactaquac Mike Allen sont passés au second tour.

Les candidats éliminés au premier tour, Brian Macdonald et Jake Stewart se sont ralliés à Monica Barley, alors que Jean Dubé a choisi d'appuyer Blaine Higgs.

À ce moment-là, M. Stewart a déclaré que Mme Barley était la seule candidate qui voulait bien l'écouter sur des enjeux controversés entourant les langues officielles. « Elle est la seule à vouloir toucher à la langue », dit le candidat connu pour ses positions tranchantes dans ce dossier.

Mme Barley a dit aux partisans de M. Stewart qu'elle était prête à travailler avec eux sur le dossier des langues officielles.

Pendant ce temps, M. Higgs cherchait activement des appuis, en vain.

Au deuxième tour, le meneur a accentué son avance sur Mel Norton en remportant 34,5 % des voix. C'est alors que Mike Allen et Monica Barley, tous deux éliminés au deuxième tour, se sont joints respectivement à M. Higgs et M. Norton.

L'appui de M. Allen à M. Higgs a été décisif dans le résultat final de ce congrès.

Plus de 7400 membres étaient inscrits à ce congrès à la direction où sept candidats étaient en lice pour succéder à David Alward. Au moins 3000 d'entre eux étaient présents Centre Aitken de Fredericton, selon les organisateurs.

Au-delà de 5400 personnes ont voté au premier tour. La longueur du processus a toutefois découragé des centaines de militants qui ont quitté les lieux avant la fin du congrès, à Fredericton et dans les sept bureaux satellites ouverts aux quatre coins de la province.

« À mesures que ça prenait du temps, la salle a commencé à se vider. Au dernier tour il y avait un peu plus de 2000 votes. Ç'a fondu », dit Roger Ouellette.

L'annonce du gagnant était initialement prévue en fin de l'après-midi, mais il a fallu attendre à 21 h 10 (HA) pour connaître le résultat final.

Le Parti progressiste-conservateur compte présentement 22 députés, soit quatre de moins que les libéraux qui ont gagné les dernières élections provinciales.

Course à la direction du Parti progressiste-conservateur

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