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Conseiller municipal et candidat, il fera don de son salaire

Le conseiller municipal montréalais Steve Shanahan a tenté sans succès de refuser son salaire le temps de la campagne électorale fédérale, alors qu'il est aussi candidat conservateur dans la circonscription de Ville-Marie-Le Sud-Ouest-Île-des-Soeurs. Il entend maintenant se tourner vers un organisme de charité.

Un texte de François Cormier

Le 8 mai 2015, Steve Shanahan a formellement demandé au greffier de la Ville de Montréal s'il était possible pour lui de refuser son salaire pendant la campagne électorale fédérale. Dans un document dont Radio-Canada a obtenu copie, le Service du greffe lui répond qu'un élu n'a pas le droit de siéger gratuitement au conseil municipal, puisqu'un salaire minimal est prévu dans la Loi sur le traitement des élus municipaux.

Ne voulant pas démissionner de son poste, la loi oblige donc Steve Shanahan à recevoir un salaire minimal de 27 860 $ annuellement. Cela dit, au moment de sa demande, le conseiller municipal recevait un salaire de 65 637 $ annuellement. Il aurait donc pu se priver de la différence et conserver le salaire minimal.

Dans sa lettre, le Service du greffe prévient toutefois Steve Shanahan qu'une baisse de salaire aurait des conséquences sur ses contributions au régime de retraite ainsi que sur le calcul de ses allocations de dépenses.

« Je leur ai dit : c'est donc bien compliqué vos affaires. Je vais juste donner un montant à un organisme de charité, indique M. Shanahan. Je vais donner l'équivalent de mon salaire après impôt à l'organisme Dispensaire diététique de Montréal. » Selon ses calculs, il s'agit d'un montant d'environ 8000 $.

Steve Shanahan assure qu'il continue de travailler 40 heures par semaine comme conseiller municipal du district de Peter-McGill même s'il fait campagne pour devenir député fédéral. Il estime donc qu'il n'avait pas besoin de remettre son salaire à un organisme de charité. « C'est une décision que j'ai prise pour éviter les questions, explique-t-il. Je ne veux pas lancer les pierres aux autres. Ils feront bien ce qu'ils veulent faire. »

M. Shanahan précise qu'il répartira les dons en dix versements. « J'ai quand même trois enfants et une hypothèque à payer, alors je le dis en toute transparence. »

Le maire de Côte-Saint-Luc touche aussi son salaire

Le maire de Côte-Saint-Luc, Anthony Housefather, continue lui aussi de recevoir son salaire de 50 642 $ alors qu'il est candidat libéral dans la circonscription de Mont-Royal.

Par courriel, M. Housefather a réagi ainsi : « Il était important pour moi de vérifier auprès du greffier de la Ville avant le début de la campagne électorale si je pouvais refuser mon salaire de maire. Celui-ci m'est revenu en me donnant son opinion juridique. Il indiquait que je n'étais pas autorisé à renoncer à mon salaire. J'ai cependant pris un congé sans solde de mon emploi à temps plein comme avocat dans une firme multinationale. »

D'autres maires et conseillers municipaux québécois se présentent aux élections fédérales du 19 octobre. C'est notamment le cas du candidat conservateur dans Richmond-Arthabaska et maire de Victoriaville, Alain Rayes. Ce dernier a décidé de conserver son salaire, qui s'élève à 90 000 $ par année, durant la campagne.

Le candidat du NPD dans Saint-Maurice-Champlain, Jean-Yves Tremblay, a choisi de donner son salaire de conseiller municipal de Shawinigan... à la Ville de Shawinigan.

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