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Consultation sur la discrimination systémique : des organismes déplorent les « jeux électoraux »

La Table de concertation contre le racisme systémique déplore le fait que la consultation sur le sujet entamée il y a quelques jours par la Commission des droits de la personne soit soumise à des « jeux électoraux » et à « l'instrumentalisation des politiciens ».

Le regroupement a rappelé mercredi après-midi « l'importance d'une telle consultation », après que le premier ministre Philippe Couillard eut annoncé en matinée qu'il allait revoir la formule choisie pour analyser le phénomène du racisme systémique.

Cette annonce du premier ministre survient après la défaite cuisante du Parti libéral du Québec (PLQ) dans la circonscription de Louis-Hébert mardi. Deux députés libéraux, Michel Matte et Patrick Huot, se sont d’ailleurs interrogés publiquement sur la possibilité que cette consultation ait pu jouer un rôle dans la défaite. Ils disaient estimer que les électeurs n'aimaient pas l'idée de passer pour des racistes.

Et Philippe Couillard a lui-même laissé entendre que sa décision de revoir la façon de faire la consultation sur la discrimination systémique était liée aux résultats électoraux.

De son côté, la Table de concertation sur le racisme systémique refuse de voir la consultation être éliminée ou amoindrie.

Le racisme systémique « est un problème de société profond qui demande énormément de tact et qui ne doit absolument pas être soumis à des jeux électoraux à court terme », a déclaré Émilie Nicolas, présidente de Québec inclusif et membre de la Table de concertation en conférence de presse.

Le regroupement insiste sur l’importance de l’indépendance « politique et financière » que doit avoir la CDPDJ pour assurer le succès de la démarche, qui devra, dit-elle, être « consciencieuse et respectueuse de la population ».

« Si le premier ministre aujourd’hui déclare qu’à cause de ses résultats électoraux partiels dans Louis-Hébert, on va repenser la consultation, c’est que le premier ministre n’a pas compris ce que ça veut dire l’indépendance de la Commission des droits de la personne. Il n’est plus le boss. Sa déclaration est déplacée, car ce n’est plus lui qui mène la barque », a insisté Émilie Nicolas.

« On serait déçu si c’était annulé, mais aussi si ça tenait tout croche, et c’est sûr que lorsqu’il y a de l’ingérence politique, c’est croche », a-t-elle poursuivi.

La Table de concertation souligne qu’il n’est pas question ici de se pencher sur les attitudes individuelles des Québécois, mais bien sur les lois, les règlements et les politiques qui façonnent les institutions.

Pas une annulation

Philippe Couillard n'a pas évoqué l'idée d'annuler carrément la consultation, affirmant que la pertinence de l'objectif poursuivi n'est pas remise en cause. Il s’est plutôt engagé à réfléchir assez profondément à la façon de ramener la consultation « dans la bonne direction ».

Selon les informations obtenues par Radio-Canada, ces changements pourraient se concrétiser par l’abolition des groupes de consultation itinérants censés recueillir les témoignages de personnes qui ont vécu de la discrimination ou du racisme, pour plutôt mettre l'accent sur le forum public qui réunira plusieurs experts et acteurs du milieu en novembre 2017.

Jusqu'à maintenant, malgré les critiques du Parti québécois, de la Coalition avenir Québec et de certains membres de son propre parti, M. Couillard avait toujours refusé de remettre la consultation en question.

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