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Consultation sur le racisme systémique au Québec dès septembre

Le gouvernement du Québec a annoncé jeudi que sa consultation sur la discrimination et le racisme systémique sera confiée à la Commission des droits de la personne. Des séances auront lieu partout dans la province dès cet automne.

La ministre québécoise de l'Immigration, Kathleen Weil, a d’abord souligné en conférence de presse que la « lutte au racisme et à la discrimination est une priorité » pour son gouvernement.

« Je suis très fière de réaffirmer aujourd’hui la volonté du gouvernement du Québec de tenir une consultation sur la discrimination systémique et le racisme », a-t-elle déclaré, avant de préciser la forme que prendra cet exercice.

L’annonce survient lors d’une semaine marquée par des actes discriminatoires commis notamment à Québec, Saguenay et Sherbrooke. Ces gestes sont « inacceptables », a dit la ministre, qui a précisé que ces incidents ne sont pas nouveaux.

« On en voit dans toutes les sociétés, mais c’est important d’agir rapidement », a-t-elle ajouté.

La Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse (CDPDJ) pilotera la consultation qui se déroulera en septembre et en octobre.

Kathleen Weil a déclaré que l'exercice « répond à des enjeux réels qui ont été abondamment documentés au Québec et ailleurs dans le monde ».

La ministre veut mobiliser tous les acteurs de la société civile et les personnes qui ont subi du racisme ou de la discrimination.

Un appel de projets est en cours pour sélectionner une vingtaine d’organismes à travers le Québec qui vont organiser des consultations locales. Il sera aussi possible de déposer un mémoire en ligne.

Des groupes de travail vont également se pencher sur des thématiques liées au racisme et à la discrimination, tels que l’emploi, l’éducation, la justice et le logement.

Un forum public réunissant plusieurs experts et acteurs du milieu se tiendra en novembre 2017.

Un rapport en février

Ces différentes démarches permettront à la Commission de nourrir ses réflexions et de remettre un rapport au gouvernement en février 2018.

« Un plan d’action découlant des recommandations sera ensuite rendu public par le gouvernement du Québec afin de mettre en œuvre des solutions innovantes et efficaces », a expliqué la ministre Kathleen Weil.

La présidente de la Commission des droits de la personne, Tamara Thermitus, a rappelé que le racisme systémique est bien présent au Québec. Elle a d’ailleurs évoqué une étude publiée en 2012 concernant le marché de l’emploi.

« À qualification égale, le candidat majoritaire qui a un nom à consonance franco-québécoise a 60 % plus de chance d’être invité à un entretien d’embauche » qu’un candidat issu d’un groupe minoritaire, a-t-elle raconté.

Des avis partagés

Certains se réjouissent de cette annonce, mais d'autres craignent que la consultation attise les tensions.

Le chef du Parti québécois (PQ), Jean-François Lisée, avait d'ailleurs soulevé plusieurs inquiètudes en avril. Il pressait le gouvernement Couillard de favoriser une action immédiate plutôt qu’une commission.

Les bases de la consultation sur la discrimination et le racisme systémique ont été jetées par un comité-conseil, formé au printemps dernier, qui devait conseiller la ministre.

Le sociologue Joseph Yvon Thériault juge que ce comité est partial. « ll va susciter une polarisation plus qu’il ne va susciter un débat raisonné sur une question, qui, je le rappelle, me parrait légitime », a-t-il dénoncé.

Le coprésident de l'Association des musulmans et des Arabes pour la laïcité au Québec, Haroun Bouazzi, espère que la consultation ne sera pas tablettée. « Aujourd’hui on assiste à un premier pas. Ce n’est pas un aboutissement, c’est un début. Il va falloir faire très attention », a-t-il prévenu.

La Coalition pour l’égalité et contre le racisme systémique réclamait une commission sur le racisme systémique depuis des mois. La présidente de Québec inclusif, Émilie Nicolas, aussi membre de la coalition, semble satisfaite.

« Pour nous l’important ce n’est pas que ce soit une consultation ou une commission, c’est vraiment le sérieux de la démarche », a-t-elle dit.

Le cofondateur de Montréal-Nord Républik, Will Prosper, a par ailleurs insisté sur le fait que le racisme systémique est présent au Québec depuis des années. « Il faut absolument agir pour éteindre ces mouvements », a-t-il affirmé.

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