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Convergence progressiste : Jean-François Lisée invite QS à agir pour le « bien commun »

Le chef du Parti québécois, Jean-François Lisée, invite les dirigeants de Québec solidaire à faire preuve d'ouverture « pour le bien commun ». Selon lui, l'élection partielle dans Verdun est importante pour envoyer un signal clair au gouvernement de Philippe Couillard.

Il invite les Québécois de toutes les allégeances politiques à montrer qu'ils appuient l'idée d'une candidature commune dans la circonscription de Verdun en signant la pétition mise en ligne sur le site du Parti québécois.

« Ma volonté, c'est qu'ils soient en phase avec leurs électeurs », a martelé M. Lisée, ajoutant qu'un sondage commandé par le Parti québécois montre qu'une grande majorité des électeurs de Québec solidaire dans Verdun réclament une candidature commune dans cette circonscription.

Jean-François Lisée a également rappelé que les membres du bureau du Parti québécois dans Verdun avaient entamé des procédures en ce sens le 25 août dernier.

Québec solidaire doute de la sincérité du chef du PQ

Les deux porte-paroles de Québec solidaire, Françoise David et Andrés Fontecilla, ont qualifié les offres du Parti québécoise de « pas très sérieuses ». Selon eux, la stratégie du chef de l'opposition officielle « ne vise qu'à dépeindre les solidaires comme les méchants dans cette histoire ».

« Une discussion dans une vente trottoir, une rencontre de couloir informelle entre personnes qui n'ont pas de mandat de leur parti respectif, un courriel plus que tardif ce matin. C'est ça, les offres officielles du Parti québécois? Ce n'est pas convaincant », ont-ils affirmé dans un communiqué.

Mme David et M. Fontecilla ont aussi blâmé le Parti québécois pour avoir retiré la réforme du mode de scrutin de son programme en 2012. Selon eux, une telle mesure aurait permis d'« éviter » des années de gouvernement libéral majoritaire.

Plus tôt dans la journée, la députée de Sainte-Marie-Saint-Jacques, Manon Massé, a rejeté la proposition de Jean-François Lisée. Elle a dit interpréter son geste comme une tactique visant à mettre de la pression sur son parti.

« Si M. Lisée avait voulu vraiment que sa proposition aboutisse, il aurait décroché le téléphone et il nous aurait appelés », a-t-elle affirmé lors d'une conférence de presse en compagnie de la candidate de QS dans la circonscription de Verdun, Véronique Martineau.

Mme Massé reproche à M. Lisée d'avoir utilisé les médias pour passer son message. Elle précise que QS lui avait déjà mentionné, au cours de sa campagne à la direction du PQ, que la chose était impossible puisque ce sont les militants qui statuent sur le fonctionnement du parti.

« Nous aussi, nous avons une offre à faire à M. Lisée. Si vous êtes sérieux et que vous voulez que dans Verdun, ce soit une candidature progressiste, féministe qui soit élue, bien il y en a déjà une qui fait campagne depuis quelques semaines déjà, et c'est Véronique Martineau. »

La tâche de Véronique Hivon

Le PQ a délégué sa porte-parole de la convergence souverainiste, Véronique Hivon, dans le but de rallier les militants de QS à l'idée d'une candidature commune « souverainiste et progressiste ».

Un sondage du PQ indique que la candidate libérale remportera l'élection si les deux partis souverainistes demeurent dans la course, alors qu'une candidature unifiée leur permettrait de se retrouver au coude-à-coude avec le PLQ.

Véronique Hivon garde espoir de parvenir à une entente avec QS. « C'est une nouvelle voie que l'on veut explorer et je pense qu'il faut innover », a-t-elle confié en entrevue sur les ondes de RDI. « Je pense que ce serait une très grande avancée de pouvoir, avoir enfin dans Verdun, qui est un château fort libéral, un ou une candidate - et éventuellement un ou une députée - qui soit vraiment progressiste, qui envoie un message fort, qui fasse une voix de plus à l'Assemblée pour mettre de l'avant des idées progressistes. »

Consciente que le défi est de taille, Mme Hivon entend tout de même tenter l'expérience, en soulignant l'importance de « sortir de nos manières de faire traditionnelles [...] de nos ornières ».

« On leur demande de reconsidérer parce que l'idée n'est pas que l'un ou l'autre des partis cède le pas, c'est justement de s'entendre sur une candidature commune et non de dire : on se rallie derrière la candidature du PQ ou vice-versa. »

« Chez nous, il n'y a pas de tractations », dit Couillard

Dans une mêlée de presse donnée en début d'après-midi à Verdun, après avoir prononcé une allocution devant des gens d'affaires, le premier ministre Philippe Couillard ne s'est guère attardé à commenter cette situation.

« Chez nous, il n'y a pas de tractations », a-t-il déclaré, aux côtés de sa propre candidate dans Verdun, Isabelle Melançon. « Ce que je remarque actuellement, c'est une sorte d'opération caméléon ou chaque parti essaie de se fondre à un autre. »

« On va voir comment tout ça va avancer », a-t-il poursuivi, avant d'assurer que le Parti libéral « va faire campagne quel que soit le comportement des partis d'opposition ».

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