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Conversion rapide de La Presse en OSBL : l'opposition se braque à Québec

L'opposition à l'Assemblée nationale se braque à l'adoption rapide d'une modification législative qui permettrait à La Presse de devenir propriété d'un organisme sans but lucratif (OSBL).

La haute direction de La Presse a pourtant plaidé l'urgence d'agir mardi en rencontrant les députés à Québec. La direction du quotidien fait valoir qu'en raison des élections à venir, les changements réclamés ne pourraient être adoptés que l'an prochain.

Power Corporation a fait connaître il y a quelques semaines sa volonté de se départir du média et d'en faire un OSBL, mais il faut, pour ce faire, modifier une vieille loi qui date des années 1960.

Pour procéder rapidement avant la fin de la session parlementaire le 15 juin, il faut un accord de tous les députés.

Le Parti québécois et la députée indépendante Martine Ouellet mettent du sable dans l'engrenage parce qu'ils ne sont pas convaincus que le nouvel organisme sera indépendant de Power Corporation, l'entreprise ayant l'intention de nommer le président du conseil d'administration de l'OSBL, conjointement avec la direction du quotidien.

« La question de la domination et de l’indépendance de Power Corporation par rapport au nouvel organisme est très importante et on n’a eu aucune réponse satisfaisante de ce côté-là », affirme Martine Ouellet.

Le chef péquiste Jean-François Lisée s’est dit « très déçu » parce qu’il veut des garanties sur l'indépendance du média, ce qu'il n'a pas obtenu.

« On nous dit: "On voudrait un modèle qui va faire en sorte qu'il va y avoir des crédits d'impôt et que donc, les contribuables québécois et l'État québécois vont soutenir notre entreprise". Bien oui, on a raison de s'en mêler. Puis, à partir du moment où ils nous disent: "ce sera indépendant de la famille Desmarais", bonne nouvelle, mais ça ne sera pas vraiment indépendant, mauvaise nouvelle. »

L'éditeur de La Presse, Guy Crevier, a insisté sur l'importance d'agir rapidement, en raison des contraintes du calendrier parlementaire et électoral.

« Il n'y a pas si longtemps, Google et Facebook contrôlaient 50 % des revenus publicitaires numériques, ils en contrôlent aujourd'hui 80 %, quelques années plus tard. Une année dans le monde des médias, aujourd'hui, c'est une éternité. Il y a deux grands géants américains qui sont en train de détruire complètement le modèle québécois et le modèle canadien », a fait valoir M. Crevier.

Pour sa part, le leader parlementaire du gouvernement Couillard, Jean-Marc Fournier, s'est dit prêt à procéder rapidement, puisqu'à la fois la direction et les syndiqués de La Presse le réclament.

« Faut quand même pas perdre de vue que ce n’est pas au parlement de venir s’immiscer dans un média ou dans sa structure », a-t-il dit en mêlée de presse.

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