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Couillard dénonce les revirements de Lisée sur les signes religieux

Les signes religieux s'invitent à nouveau, et avec fracas, dans le débat politique québécois. Pendant que le premier ministre Philippe Couillard accuse le chef du Parti québécois, Jean-François Lisée, de faire constamment volte-face à ce sujet, le PQ dénonce une nouvelle publicité « mensongère » de la Coalition avenir Québec.

Le coup est parti depuis Madagascar, où a lieu le sommet de la Francophonie. Le premier ministre Couillard a qualifié le chef de l’opposition officielle de « tacticien du quotidien », qui « n'est pas capable d'avoir une vision à long terme, de se tenir à un principe ».

M. Couillard a réagi à la dernière sortie de Jean-François Lisée, qui a inclus les enseignants et les éducatrices en garderie dans la liste des employés de l'État qui devront s'abstenir de porter des signes religieux. Le tchador, voile recouvrant la tête et le corps, mais pas le visage, serait également interdit pour les salariés d’un gouvernement péquiste.

Durant la course à la direction du PQ, il avait limité cette interdiction aux seuls fonctionnaires en autorité, dont les juges et policiers, comme le recommande la commission Bouchard-Taylor.

Le premier ministre estime que ce repositionnement est « totalement incohérent », puisque les députés péquistes ont voté récemment pour l'adoption du principe du projet de loi 62. Ce texte exclut toute forme d'interdiction, dès lors que le visage est découvert pour donner ou recevoir des services de l'État. Le tchador est donc toléré en vertu de ce projet de loi.

M. Couillard croit déceler chez le chef péquiste une prédisposition à retourner sa veste « aux deux jours » sur tous les sujets. Pour lui, il a agi ainsi « sans arrêt au cours de sa course au leadership, et le fait depuis qu'il est chef du Parti québécois ».

C'est un autre retournement [de Jean-François Lisée] et il y en aura d'autres.

Philippe Couillard, premier ministre du Québec

Cette nouvelle charge fait écho à celle, envoyée elle aussi depuis l’étranger, du chef du gouvernement libéral qui, en mission en Islande en octobre dernier, avait reproché au chef péquiste fraîchement élu de pratiquer « un nationalisme d'assiégés et de peureux ». Il lui trouvait alors des affinités avec des partis populistes d'Europe d'extrême droite.

Le PQ pourfend la « publicité mensongère » de la CAQ

À Québec, le Parti québécois a dû se mettre à nouveau sur la défensive, après la diffusion d’une autre publicité de la CAQ, qui fait loger à la même enseigne les péquistes et les libéraux en matière d’immigration.

En effet, dans la vidéo, la formation de François Legault laisse entendre qu’elle est la seule qui est « debout pour défendre nos valeurs ». Le parti se targue d’être le seul à vouloir réduire le nombre d’immigrants, à faire passer un test des valeurs québécoises aux nouveaux arrivants et à rendre obligatoire l’apprentissage du français pour les immigrants.

Il n’en fallait pas plus pour faire réagir le leader parlementaire du PQ, Pascal Bérubé, qui, d’emblée, a martelé que « le mensonge n’est pas une valeur québécoise ».

C’est la deuxième fois en deux jours. Qu’est-ce que ça sera demain? On ne reconnaît pas François Legault. Qu’est-ce qui se passe? La pression doit être terrible pour lui pour en être réduit à utiliser ce genre de stratégie.

Pascal Bérubé, député péquiste de Matane-Matapédia

La porte-parole du PQ en matière de laïcité, Agnès Maltais, a dénoncé une « publicité mensongère », tout en niant que son parti ait approuvé le projet de loi 62, qui n’est d’ailleurs pas encore soumis à l’approbation des députés.

Le vote de principe des troupes péquistes n’est pas un chèque en blanc, a-t-elle expliqué, mais une démarche parlementaire somme toute courante pour pouvoir présenter des modifications. « Quand on veut amender un projet de loi, on vote pour le principe. […] À la fin, s’il n’est pas amendé, on va voter contre », a-t-elle précisé.

C’est pathétique ce que fait actuellement la CAQ. On ne comprend pas où ils s’en vont avec ça, mais soyons sûrs d’une chose : quelqu’un qui veut gouverner et qui utilise le mensonge comme arme va manquer de crédibilité très rapidement.

Agnès Maltais, députée péquiste de Taschereau

Déconstruisant la publicité caquiste, Agnès Maltais a rappelé que le test des valeurs « existe déjà » et que Jean-François Lisée a répété que « 50 000 immigrants, c’est le chiffre de l’échec ». S’il est élu, il demanderait au vérificateur général de déterminer des seuils d’immigration optimaux.

Pour l’obligation d’apprendre le français, la députée de Taschereau a souligné que son parti prône « la francisation à 100 % » et veut « sélectionner les immigrants à partir de leur connaissance du français ». Pour des raisons humanitaires, le PQ ne ferme pas la porte à des réfugiés qui fuient les conflits et qui ne parlent pas français, a-t-elle ajouté.

Pour la Coalition avenir Québec, confier l’établissement des seuils au vérificateur général n’équivaut pas à se positionner. Dans sa réplique aux critiques péquistes, le parti estime que cela déresponsabilise les élus.

La CAQ reproche aussi au chef du PQ de n’inclure, dans ses propositions, aucune obligation pour un immigrant de parler français avant de recevoir son certificat de sélection.

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