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Couillard persiste et signe dans ses attaques contre Lisée

« J'ai délibérément dit ce que j'ai dit et je le maintiens », a déclaré mercredi Philippe Couillard. Le premier ministre a ainsi rejeté l'idée qu'on ait pu mal le citer samedi dernier, lorsqu'il a établi « une parenté familière » entre Jean-François Lisée et les partis populistes européens qui préconisent de fermer leurs frontières aux immigrants.

Le nouveau chef du Parti québécois n'avait pas manqué de répliquer à cette attaque, déplorant que Philippe Couillard mette sa formation politique dans le rang des partis de droite. 

Mais mercredi, Philippe Couillard a persisté dans son idée, affirmant ne pas aimer le discours tenu par M. Lisée. « C'est très facile quand l'économie est incertaine [...] de désigner du doigt l'étranger comme étant responsable », a-t-il dit lors d'une conférence de presse portant sur la création d'un comité sur l'économie et l'innovation. « Moi, je n'aime pas ce discours-là », a-t-il tranché.

Une proposition « absurde »

Le premier ministre du Québec ne s'est d'ailleurs pas privé de faire remarquer que Jean-François Lisée n'a « rien dit sur l'économie, ni dans son discours [d'investiture] ni durant sa campagne ».

En ce qui concerne la proposition de Jean-François Lisée de confier au vérificateur général la responsabilité de fixer le nombre d'immigrants admis dans la province, le premier ministre Couillard a rétorqué : « C'est absurde. » De l'avis du premier ministre, ce genre de décisions relève du politique.

M. Couillard voit d'un bon oeil que Jean-François Lisée veuille maintenant rééquilibrer son discours. « Il considère lui-même qu'il n'était pas équilibré », affirme-t-il.

Au chapitre de ce qu'il qualifie de « dérapages », le premier ministre cite « le parallèle » établi par M. Lisée entre Alexandre Cloutier et le prédicateur controversé Adil Charkaoui.

« Il [Jean-François Lisée] ne s'est pas excusé après », rappelle M. Couillard.

La délicate question identitaire

Jean-François Lisée a joué « la carte identitaire de manière très étroite », selon le premier ministre, qui lui reproche aussi ses positions sur la laïcité. Alexandre Cloutier avait un discours plus inclusif, a ajouté M.  Couillard en substance, mais les membres du PQ l'ont rejeté.

À un journaliste anglophone qui lui faisait remarquer que M. Lisée tentait de jeter des ponts avec la communauté anglophone au Québec, M. Couillard a rétorqué qu'un parti désireux de départir les Québécois de leur citoyenneté canadienne ne réussirait pas à faire beaucoup de chemin du côté des anglophones.

Et, à une autre journaliste qui lui demandait s'il n'avait pas commis une erreur en discutant de questions identitaires alors qu'il se trouvait en Islande, le premier ministre a dit qu'il n'y avait, à ce moment-là, autour de lui, que des journalistes canadiens. De toute façon, de railler M. Couillard, « peu de gens dans le monde se sont intéressés à la course à la direction du PQ ».

Des ministres peu bavards, sauf Christine St-Pierre

Par ailleurs, trois ministres libéraux ont refusé de répéter les déclarations de M. Couillard au sujet de M. Lisée.

Le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, a affirmé qu'il avait pour principe de ne pas commenter de sujets extérieurs à ses responsabilités. M. Barrette a pourtant dans le passé critiqué sévèrement le précédent chef péquiste, Pierre Karl Péladeau, dans le dossier de l'immigration.

La ministre de la Justice, Stéphanie Vallée, a également refusé de commenter davantage le parallèle que M. Couillard avait fait. Sa collègue de l'Enseignement supérieur, Hélène David, a fait de même, en se limitant à féliciter à M. Lisée pour son élection à la tête du PQ.

La ministre des Relations internationales, Christine St-Pierre, a quant elle été la seule à s'avancer. Mme St-Pierre a affirmé que M. Lisée avait trempé « dans les mêmes eaux » que les partis populistes européens durant la dernière course à la direction péquiste.

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