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Couillard propose une politique de mobilité « écoresponsable » et « résolument moderne »

Le gouvernement Couillard entend consacrer environ 9,7 milliards de dollars en tout, d'ici 2030, à sa nouvelle politique de mobilité durable, dotée d'objectifs ambitieux de réduction de la congestion routière et des émissions de gaz à effet de serre (GES). Il espère atteindre ces objectifs en augmentant notamment l'efficacité des déplacements au Québec et l'offre de transports collectifs.

Par ce plan, intitulé « Transporter le Québec vers la modernité », le gouvernement libéral veut revoir et optimiser tous les modes de transport dans la province, qu’il s’agisse de transport de marchandises ou de passagers, y compris celui des personnes à mobilité réduite.

Pour ce faire, il augmente l'enveloppe dévolue à sa politique de mobilité durable de 2,9 milliards de dollars sur cinq ans, ce qui porte à 9,7 milliards de dollars la somme totale que Québec entend y consacrer au cours des 12 prochaines années.

Priorité aux régions métropolitaines

Le développement des systèmes de transport collectif, notamment dans les grandes agglomérations urbaines, récoltera la part du lion avec des investissements de 2,2 milliards de dollars au cours des 5 prochaines années, dont 982 millions de dollars d’argent neuf.

Le gouvernement Couillard assure néanmoins que le plan n'oubliera pas les régions et que sa portée vise l'ensemble des transports de la province.

L’amélioration des infrastructures routières, des voies ferrées, des installations portuaires ainsi que des aéroports recevra à ce chapitre 1,5 milliard de dollars d’ici 2023, dont 383 millions de dollars de nouveaux fonds.

Au moins 500 millions de dollars seront aussi consacrés à la sécurité dans les transports.

Québec s'attaque aux pertes de temps et d'argent

Selon Québec, cette politique de mobilité durable doit avant tout améliorer l’accessibilité et la fluidité des transports au Québec pour réduire les pertes de temps qui minent leur efficacité, mais aussi les coûts de transport élevés qui nuisent au développement économique.

La politique de mobilité durable s’attaquera aussi à la réduction des déplacements solos en voiture pour limiter davantage les émissions québécoises de GES.

Objectifs ambitieux

Or, le gouvernement du Québec s’est fixé à ce chapitre des objectifs pour le moins ambitieux en visant d’ici 2030 une diminution de 20 % des déplacements solos en automobile.

Le gouvernement entend également réduire de 40 % la consommation de pétrole consacré au transport sous le niveau de 2013, afin d’atteindre un objectif de réduction des GES de 37,5 % par rapport au niveau de 1990.

En matière d’accessibilité au transport collectif, le plan de Québec vise à offrir à 70 % des Québécois un choix d’au moins quatre services de mobilité durable pour se déplacer d’ici 2030, de façon à réduire d’au moins 20 % le temps de déplacement entre leur domicile et le travail.

Grâce aux gains d’efficacité et de fluidité des transports qu’il compte réaliser avec cette politique, le gouvernement Couillard espère augmenter de 25 % la quantité de marchandises transbordées dans les ports et les centres intermodaux ferroviaires de la province.

Un plan bien reçu par les acteurs du milieu

Les membres du comité consultatif sur la mobilité durable, mis en place par le gouvernement du Québec pour l’aider à élaborer une politique à ce sujet et composé d’une vingtaine d’acteurs de la société civile, se réjouissent de cette annonce.

Selon eux, la politique présentée mardi par Québec « pose les bases d’un changement en profondeur de la mobilité au Québec ».

« En identifiant les choix d’aménagement comme première condition à la mobilité durable, la politique opère un virage majeur. […] La décision de réinvestir dans le transport collectif pour augmenter substantiellement l’offre de service doit également être applaudie », a affirmé dans un communiqué Christian Savard, directeur général de Vivre en Ville, un organisme qui vise à mieux planifier le milieu de vie urbain.

Quant au Conseil du patronat du Québec, qui prenait également part au comité consultatif, il note qu’« il est impératif de doter le Québec d’une vision multimodale et intégrée des transports qui tienne compte des besoins des différents utilisateurs et du milieu municipal, en fonction de leur réalité régionale ». Selon lui, la politique présentée par Québec « constitue un pas important dans cette direction ».

À la Ville de Montréal, le responsable du transport, Éric Alan Caldwell, s'est réjoui que le premier ministre Couillard ait évoqué le projet de la ligne rose qui est, selon lui, un « magnifique projet de mobilité durable ».

Un « show de boucane », déplore le PQ

D'après le porte-parole du Parti québécois (PQ) en matière de transport, Martin Ouellet, la présentation en grande pompe de cette politique de mobilité durable n’est qu’un écran de fumée.

« On a l’impression de voir une belle pièce de théâtre libérale juste avant les élections », a déclaré M. Ouellet sur les ondes d'ICI RDI.

« Ce que les citoyens et citoyennes veulent comprendre et entendre du premier ministre aujourd’hui, c’est les 11 milliards de coûts supplémentaires qui seront à la charge des citoyens et citoyennes pour le REM à Montréal pour les 20 prochaines années », a ajouté le député de René-Lévesque.

Martin Ouellet faisait référence au montant estimé que l'Autorité régionale de transport métropolitain (ARTM) devra verser à la Caisse de dépôt de 2021 à 2042. Il est prévu que l’ARTM refile 85 % de la facture au gouvernement du Québec, jusqu’en 2023-2024 pour le moment, et le reste aux municipalités entourant le REM.

Philippe Couillard, qui a justement été questionné par les journalistes à ce sujet après son annonce sur le plan de mobilité durable de Québec, indique que le tiers de ces 11 milliards sera assumé par les tarifs payés par les usagers. Le Bureau de projet du REM affirme que ces tarifs seront comparables aux tarifs actuels.

De plus, selon le premier ministre, la présence du REM augmentera de « très très peu les dépenses des municipalités en dollars réels » et imposera somme toute des dépenses très correctes aux parties impliquées, si on considère que le REM « est l'équivalent de l'ajout d'un deuxième métro à Montréal » et que les coûts pour exploiter tous les autres réseaux de transport de 2021 à 2042 devraient s’élever à plus de 81 milliards de dollars. Ce dernier argument en est un du Bureau de projet du REM.

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