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Crise des opioïdes : le NPD et les libéraux ont des plans peu détaillés selon des critiques

Le mois de mars a été le troisième mois le plus meurtrier en matière de surdoses en Colombie-Britannique, dévoilait mercredi le coroner de la province. Même si l'état d'urgence dure depuis plus d'un an, les deux principaux partis provinciaux offrent peu de solutions pour résoudre la crise des opioïdes selon des experts.

Lors du dévoilement de sa plateforme la semaine dernière, le chef du NPD, John Horgan, n’a pas fait mention de la crise sanitaire qui tue chaque jour 3 à 4 personnes en Colombie-Britannique.

Pour connaître les intentions du NPD en la matière, il faut se rendre à la page 9 de sa plateforme électorale, où on peut y lire que la santé mentale et les problèmes de dépendance ont besoin de leur propre ministère.

Le parti promet aussi une approche où les patients n’auront pas à attendre pour être traités une fois qu’ils auront demandé de l’aide. Mais le NPD n’indique pas combien de lits supplémentaires seront créés pour un traitement rapide.

Les libéraux, eux, promettent d’investir 100 millions de dollars pour combattre la crise des surdoses et ajouter 250 lits affectés aux problèmes de dépendance d’ici 2022.

L’avis d’une experte

Dans un cas comme dans l’autre, Eugenia Oviedo-Joekes, docteure en psychologie à l'Université de la Colombie-Britannique (UBC), n’y voit rien pour enrayer la crise.

« J’aimerais voir un parti politique qui proposera un changement radical et réfléchi concernant les politiques publiques sur les drogues, dit-elle. Pas de promesses de 10 lits ici, 100 lits là. »

Selon la chercheuse, associée à un programme de prescription d’héroïne avec un taux de succès de 80 %, le patient devrait être au coeur des solutions proposées.

Un temps d’attente long

Il existe présentement 2600 lits pour traiter les problèmes de dépendance. En septembre, une enquête de CBC avait démontré que les temps d’attente étaient longs et les lits, difficiles d’accès.

Le NPD allègue que la province finance trop de programmes basés sur l’abstinence et dont l’efficacité est remise en question.

« Ce n’est pas une bonne utilisation des fonds publics », croit Selena Robinson, candidate néo-démocrate dans Coquitlam-Maillardville.

Les néo-démocrates veulent mieux encadrer les différents programmes existants. « Si nous pouvons faire le ménage et faire en sorte que les patients ont l’appui dont ils ont besoin, nous n’aurons pas besoin d’avoir autant de lits », dit-elle.

Pour Michelle Jansen, qui a perdu son fils à la suite d’une surdose accidentelle, la promesse des libéraux d’ajouter 250 lits d’ici 2022 est insuffisante.

« Savez-vous combien de gens seront morts à ce moment-là? » se demande-t-elle.

Son fils Brandon, 20 ans, est mort en mars 2016 durant une 11e tentative de traitement.

Michelle Jansen ne croit pas qu’il s’agit d’une question prioritaire pour les deux principaux partis politiques.

Une crise qui s’étire

Entre janvier et mars, 338 personnes sont mortes d’une surdose en Colombie-Britannique. C’est entre 3 et 4 personnes en moyenne chaque jour.

Depuis que l’état d’urgence sanitaire a été mis en place en avril 2016, Victoria a dépensé près de 100 millions de dollars dans cette lutte.

Par voie de communiqué, jeudi, la Ville de Vancouver a dénoncé l’échec de la province à trouver des solutions pour la crise.

Le maire de Vancouver, Gregor Robertson, demande aux différents partis de clarifier immédiatement leurs promesses pour résoudre la crise et augmenter les options de traitement pour mieux contrôler le nombre de décès associés au fentanyl.

Avec des informations de Natalie Clancy, CBC News

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