Alors que le nombre de surdoses et d'hospitalisations à cause de la crise des opioïdes est en hausse à Toronto, la médecin hygiéniste en chef de la ville presse la province de prolonger de six mois à un an l'ouverture des centres d'injection temporaires.

Dans un rapport dont le comité de la santé publique débattra la semaine prochaine, la Dre Eileen de Villa fait valoir que Toronto « continue à faire face à une urgence d’empoisonnement aux opioïdes ».

Le premier ministre désigné Doug Ford a toutefois affirmé durant la campagne électorale qu’il était « absolument contre » les sites d’injection supervisée, disant vouloir plutôt bonifier les services de désintoxication.

Dernières données sur les opioïdes :

  • 303 : nombre de surdoses mortelles à Toronto en 2017 (63 % plus qu’en 2016 et 121 % plus qu’en 2015)
  • 139 : nombre d’appels auxquels les ambulanciers de Toronto ont répondu du 7 août 2017 au 13 mai 2018, relativement à des surdoses mortelles présumées
  • 2186 : nombre d’appels auxquels les ambulanciers de Toronto ont répondu du 7 août 2017 au 13 mai 2018, relativement à des surdoses non mortelles
  • 1533 : nombre de visites à l’urgence du 13 novembre 2017 au 13 mai 2018 relativement à des surdoses présumées

Site d'injection temporaire vs permanent

Contrairement aux sites d'injection supervisée permanents qui nécessitent l'approbation du fédéral, les centres de prévention des surdoses sont de juridiction provinciale et se veulent temporaires.

À l'heure actuelle, Toronto compte quatre sites permanents et quatre centres temporaires. La Ville a reçu l'approbation de la province pour l'ouverture d'un cinquième centre temporaire, dont l'emplacement doit être dévoilé sous peu, indique la santé publique.

Tant dans le cas des sites permanents que des centres temporaires, les toxicomanes peuvent s'y injecter des drogues de manière supervisée. Des trousses de naloxone sont aussi disponibles, en cas de surdoses.

Du 21 août 2017 au 14 avril 2018, les sites d'injection permanents de Toronto ont reçu 8189 clients, indique la Ville. Dans 123 cas, des toxicomanes ont fait une surdose, nécessitant de la naloxone pour 34 d'entre eux.

Le fentanyl

Le fentanyl demeure « répandu » dans les drogues illicites, selon la santé publique, et a détrôné l'héroïne et la morphine comme cause de surdose mortelle accidentelle.

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