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De l'importance des sources confidentielles lors d'un sommet comme celui du G7

Pourquoi des « sources gouvernementales » ou des « hauts responsables » sont si souvent cités dans les dépêches qui émanent des différents sommets internationaux? Parce que c'est une des seules façons d'obtenir des informations d'intérêt. Explications.

Un texte de Philippe-Vincent Foisy et Raphaël Bouvier-Auclair, correspondants parlementaires à Ottawa

Vendredi après-midi, une dizaine de journalistes canadiens, aussi nombreux que leurs confrères américains, entrent dans une salle où se tient une rencontre bilatérale entre Donald Trump et Justin Trudeau.

Les deux dirigeants font des déclarations, puis les représentants des médias sont invités à quitter la salle afin que la rencontre puisse se poursuivre sans la présence des caméras.

Déjà, cet accès limité, partiel, relève plus de l'exception que de la règle.

À la fois proche et loin

Il faut faire deux heures et demie de route pour se rendre à La Malbaie à partir du Centre des congrès de Québec, où sont installés la plupart des représentants des médias.

Une fois sur place, les journalistes autorisés à accéder au site n’ont toutefois pas davantage accès aux coulisses des rencontres.

Règle générale, les représentants des médias ne sont pas les bienvenues aux rencontres bilatérales. Un d'entre eux est délégué pour rédiger un compte-rendu des premières minutes de discussions, et quelques caméramans et photographes accompagne l'heureux élu.

Ces quelques minutes ne sont bien souvent rien de plus qu'une mise en scène où les dirigeants profitent de la présence des caméras pour se lancer des fleurs diplomatiques.

Ainsi, lors de la rencontre Trump-Trudeau de vendredi, le premier ministre canadien a lancé quelques remarques préparées et polies à son interlocuteur qui, de son côté et fidèle à lui-même, ne s’en est pas tenu aux échanges habituels.

Donald Trump a plutôt choisi de badiner sur la question des tarifs douaniers.

Les informations se sont ensuite mises à filtrer au compte-goutte.

On a d'abord appris que les deux dirigeants avaient profité de l'échange pour se mettre d'accord sur la nécéssité d’accélérer les pourparlers sur la modernisation de l’Accord de libre-échange nord-américain (ALENA).

Ensuite, le lendemain, samedi, les journalistes ont pris connaissance des rencontres spéciales non prévues à l’horaire organisées par Justin Trudeau afin de faire progresser les discussions sur les thèmes du sommet. L’une de ces réunions a eu lieu tard vendredi soir et a réuni les leaders de tous les pays du sommet.

Contrôle du message

Le message est donc très contrôlé.

De très peu nombreux employés politiques viennent rencontrer les journalistes afin de leur donner quelques détails quant au contexte du sommet ou de certaines rencontres bilatérales.

Ces employés se basent souvent sur des comptes-rendus. Les acteurs politiques qui participent aux discussions viennent rarement parler à bâtons rompus avec les journalistes.

Il faut tout de même être présent quand ça se produit, puisque c’est à La Malbaie que ça se passe.

Vendredi matin, par exemple, un ministre du gouvernement Trudeau est venu rencontrer les médias canadiens pour une discussion « off the record ». L'échange a permis de mieux saisir les enjeux abordés lors des rencontres et de donner un peu de perspective.

Comptes-rendus

Outre les déclarations d’ouverture devant les caméras, peu d’information se rend au public à propos du contenu des rencontres.

Exemple : Justin Trudeau, Donald Tusk, président du Conseil européen, et Jean-Claude Juncker, président de la Commission européenne, se sont rencontrés, jeudi matin.

Plus de 24 heures plus tard, le bureau du premier ministre a publié un communiqué qui indiquait entre autres que « les dirigeants [...] ont échangé leurs points de vue sur le commerce et ont insisté sur la nécessité de promouvoir et de renforcer le système commercial international fondé sur des règles ».

D’autres thèmes, comme la stratégie à adopter pour faire face au président américain, ont possiblement été évoqués. Le communiqué n’en faisait pas mention.

Si les comptes-rendus des autres rencontres bilatérales ont été envoyés plus rapidement, ils demeurent tout aussi concis.

Des « responsables gouvernementaux », souvent de hauts fonctionnaires, vont aussi donner de l’information, mais elle a souvent passé par le filtre politique.

C’est pourquoi les journalistes doivent compter sur leurs sources qui acceptent de parler avec une plus grande liberté si leur confidentialité est protégée.

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