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De meilleurs services en santé mentale pour les Premières Nations de l'Ontario

Alors que le taux de suicide chez les jeunes est de cinq à six fois plus élevé dans les communautés autochtones qu'ailleurs, Ottawa et Queen's Park mettent sur pied des équipes de mieux-être en santé mentale au sein d'une vingtaine d'organisations des Premières Nations. Une initiative de 10 millions de dollars par année.

Après plusieurs mois de discussions, les représentants des Premières Nations et des gouvernements de l'Ontario et du Canada ont procédé jeudi matin à Toronto à la signature d'un engagement commun afin d’offrir de meilleurs services aux jeunes en particulier, mais pas uniquement.

L'accord tient compte du fait que ces services doivent être « conçus et fournis par les Premières Nations ». Il est censé contribuer à réduire les inégalités qui persistent entre les Premières Nations et les autres résidants de l'Ontario.

Les 19 organisations concernées, situées un peu partout dans la province, ont ainsi été sélectionnées par des dirigeants des Premières Nations. Les équipes spécialisées en santé mentale seront gérées localement, selon un modèle déjà en place dans plus de 300 communautés au pays.

« Cette entente aidera les enfants et les jeunes à obtenir des services de santé mentale rapidement, et à proximité de chez eux », a expliqué dans un communiqué le ministre ontarien des Services à l'enfance et à la jeunesse, Michael Croteau, qui a qualifié d’« unique » l’entente conclue avec Ottawa.

Les deux gouvernements fourniront chacun 5 millions de dollars par année à compter de 2018‑2019 pour soutenir la mise en place de ces équipes.

Cette entente « novatrice » constitue « un véritable modèle de financement collaboratif qui pourra servir dans l'avenir », selon le chef régional de l'Assemblée des Premières Nations (APN) pour l'Ontario, Isadore Day.

L'accès au type de services offerts par les organismes concernés est donc « essentiel », a insisté la ministre fédérale des Services aux Autochtones, Jane Philpott.

« Mais la santé mentale n'est qu'un début, a poursuivi Isadore Day. Pour réellement mettre fin à cette crise, nous devons agir sur les déterminants de la santé, comme des logements adéquats, l'accès à de l'eau potable, l'éducation, l'emploi et les communautés durables, heureuses et en santé. »

Initiative similaire dans les Territoires du Nord-Ouest

Par ailleurs, Ottawa consacrera en 2018-2019 une enveloppe de 500 000 dollars à la formation de nouvelles équipes spécialisées en santé mentale dans les Territoires du Nord-Ouest de même qu'aux activités des équipes existantes.

« Les problèmes de santé mentale auxquels font face les Autochtones, plus particulièrement les jeunes, sont profondément enracinés et complexes, a estimé Mme Philpott dans un communiqué sur cette autre annonce. Par conséquent, une réponse à volets multiples et axée sur la collaboration est nécessaire. »

En juin 2017, un comité de la Chambre des communes avait publié un rapport appelant le gouvernement fédéral à s'assurer que les différentes communautés aient toutes les ressources nécessaires pour contrer le suicide chez les Autochtones, les Inuits et les Métis.

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