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De retour dans son pays natal, le ministre de la Défense se confie

Harjit Sajjan est accueilli comme une vedette en Inde. Des gens l'acclament au bord des routes, il fait la une des journaux du pays. Les Indiens sont fiers d'avoir quatre représentants dans le gouvernement canadien, et encore plus quelqu'un à un poste de ministre de la Défense. Ce sikh de 46 ans qui a symbolisé le gouvernement diversifié de Justin Trudeau nous a accordé une entrevue avant de conclure sa visite officielle, dimanche.

Un texte de Thomas Gerbet, correspondant en Inde

Depuis combien de temps n'aviez-vous pas mis les pieds au Pendjab, votre province natale?

Je suis parti quand j'avais 5 ans [avec ses parents, pour immigrer au Canada], j'y suis revenu à 12 ans, en vacances. Et la seule autre fois, c'est en 2002. Donc, ça faisait un bout.

Trouvez-vous que l'Inde a changé depuis cette dernière visite, il y a 15 ans?

Il y a beaucoup de changements. Les infrastructures et les routes sont bien meilleures. Il y a plus de travail. Je remarque également qu'il y a beaucoup plus d'écoles et de collèges. C'est bien aussi de voir l'effort qui est mis sur les questions sociales.

Avez-vous encore de la famille en Inde?

La plupart des membres de ma famille vivent au Canada et aux États-Unis maintenant. Cependant, mes parents sont au Pendjab depuis cinq mois pour rénover notre maison, alors ça me fait plaisir de les voir un peu. Après, ils reviendront au Canada.

Êtes-vous surpris de voir tous ces gens qui vous acclament au bord des routes, qui vous attendent avec des affiches de bienvenue?

C'est très touchant, toute cette reconnaissance de tous ces gens dans les rues. Mais l'important, ce n'est pas moi. L'important, c'est que ça montre comment au Canada, on peut rendre le multiculturalisme prospère, que l'on peut vivre en harmonie avec des gens venus de partout dans le monde et que l'on peut réussir, quelles que soient ses origines.

Il y a un très grave problème de drogue au Pendjab, de l'héroïne qui entre par la frontière pakistanaise. Plus de la moitié des jeunes hommes y sont accros. Avez-vous constaté le problème sur place?

J'ai entendu dire qu'ils doivent faire face à un nombre grandissant de personnes droguées. Je n'ai malheureusement pas le temps d'aborder la question dans le détail lors de la visite.

Il semblerait qu'une partie de la drogue qui se retrouve au Canada entre par des Pendjabis établis au pays qui font le voyage. Êtes-vous au courant de ce problème et que peut-on faire pour y remédier?

La drogue provient de plusieurs endroits du monde. Et oui, c'est vrai, cet endroit est une des routes que les trafiquants de drogue empruntent. Il faut faire confiance à la GRC et aux unités de police spécialisées. Nos forces de police travaillent avec diligence pour essayer d'intercepter la drogue et l'empêcher d'entrer au Canada.

Vous êtes le huitième ministre du gouvernement Trudeau à visiter l'Inde en l'espace de huit mois. Qu'est-ce que cela signifie? Qu'est-ce qui se trame?

Le premier ministre le répète souvent : le Canada va s'engager dans le monde, promouvoir nos intérêts et accroître nos relations. L'Inde fait partie de ces priorités. C'est la raison pour laquelle différents ministres se succèdent ici pour rencontrer nos homologues. Bien sûr, on parle d'accords dans le domaine du commerce, mais aussi de la santé, de l'innovation et même de la défense. À ce propos, on a commencé des discussions avec l'Inde pour déterminer dans quelle direction on veut aller. On a quelques idées. La prochaine étape sera de les explorer.

Qu'est-ce que le Canada aurait à gagner de tels accords?

Il y a d'immenses occasions pour nous en Inde. Il y a une classe moyenne qui est de plus en plus nombreuse et l'Inde veut faire des investissements importants dans ses infrastructures. Nous avons beaucoup d'expérience dans le domaine, quand on pense par exemple à nos fonds de pension. De plus, les Indiens veulent investir massivement dans les technologies vertes. Là aussi, nous avons de l'expérience à transmettre.

Verra-t-on un jour un accord de libre-échange avec l'Inde?

C'est l'objectif d'obtenir un tel accord. Il n'y a pas encore d'échéancier, mais on y travaille.

Justin Trudeau va-t-il bientôt visiter l'Inde?

Son agenda est très chargé, mais il veut y aller. Des dates sont en train d'être évaluées pour une visite à venir.

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