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Débat des chefs : Weaver incisif, Clark sereine et Horgan en contrôle

Pour le second et dernier face à face des chefs avant les élections provinciales de la Colombie-Britannique le 9 mai, attaques et remarques cinglantes ont fusé de tous bords, y compris de la part du leader du Parti vert, Andrew Weaver, qui s'était montré plus en retrait lors du premier débat la semaine dernière.

Articulé autour de trois grands thèmes et d’une section de questions libres, le débat de mercredi a fait la part belle une fois de plus au problème central du logement abordable, à l’économie et aux qualités de leadership de chacun des candidats. Il a également été question d’écologie, de bois d’œuvre ou encore de la crise des opioïdes.

Le chef des verts, jugé en deçà lors du premier débat, s’est montré plus agressif envers les autres candidats tout en déroulant ses idées et en se présentant comme le candidat du changement et antisystème. Christy Clark du Parti libéral a, quant à elle, mis en avant son bilan économique solide tout en se positionnant comme la seule leader capable de défendre avec force, acharnement et sérénité les intérêts britanno-colombiens. Quant à John Horgan du Nouveau parti démocratique (NPD), il a lui aussi prêcher pour le changement et tenté de démolir les 16 années au pouvoir des libéraux.

1/ LOGEMENT

Tiré au sort pour être le premier à prendre la parole, le néodémocrate John Horgan a d’emblée choisi d’attaquer le gouvernement libéral de Christy Clark qu’il a accusé d’immobilisme face à la crise du logement. Il estime aussi que les locataires sont les grands oubliés de cette crise et a remis de l’avant son programme de 400 $ de réduction par an sur les loyers ainsi que les réformes qu’il souhaite apporter pour mieux protéger les locataires.

Christy Clark, pour sa part, a défendu ses mesures comme le prêt sans intérêt pour les premiers acheteurs ou encore la taxe de 15 % imposée depuis l’été 2016 aux acheteurs étrangers. « Nous voyons les résultats et d’ailleurs l'Ontario est en train de nous imiter sur cette mesure », a assuré Christy Clark.

« Nous sommes dans un marché immobilier spéculatif. Le logement n’est pas une commodité avec laquelle on peut faire affaire comme l’or ou les métaux », a rétorqué Andrew Weaver qui propose de doubler la taxe pour les acheteurs étrangers et de l’élargir à l’ensemble de la Colombie-Britannique, pas uniquement à la région du Grand Vancouver.

2/ ÉCONOMIE

Sur les questions économiques, Christy Clark, en confiance, a martelé que son bilan était exemplaire. « Nous sommes les premiers au pays en terme de création d’emplois, plus de 220 000 emplois ont été créés, dont 90 % sont à temps plein, notre classe moyenne est celle qui paie le moins d’impôts au pays », a-t-elle notamment énuméré.

En face, John Horgan a saisi cette occasion pour fustiger l’augmentation du coût de nombreux services tels que les primes d’assurance maladie, les traversiers, BC Hydro ou encore BC Ferries. Le chef néodémocrate propose un plan fiscal sur trois ans incluant « une légère augmentation de l’impôt sur le revenu » afin de réduire, en bout de ligne, le coût de la vie. « Nous voulons rendre aux gens la possibilité de vivre dans leur province », a-t-il lancé, affirmant que Christy Clark n’aidait que « ses amis millionnaires et ses gros donateurs ».

La délicate question du bois d’œuvre a également été très présente et fait l’objet d’attaques de toutes parts : Christy Clark a notamment accusé John Horgan et l’opposition de n’avoir jamais mis le sujet sur la table lors de la période de questions parlementaires. Ce à quoi le chef du NPD a répondu que c’était plutôt elle qui était trop occupée à chasser l’industrie du gaz naturel liquéfié pendant que celle de la foresterie lui échappait. « L’accord avec les États-Unis a expiré il y a deux ans, Mme Clark », a-t-il rappelé.

Andrew Weaver a ensuite enfoncé le clou quant au gaz naturel liquéfié estimant que Christy Clark avait induit les Britanno-Colombiens en erreur en leur faisant croire à une industrie propre qui n’est toujours pas sortie de terre. « Vous êtes si désespérés que vous construisez le barrage du site C afin de produire de l’énergie dont on n’a pas besoin », a-t-il lâché, affirmant qu’il avait montré du doigt à maintes reprises le problème du gaz naturel liquéfié à la législature.

Christy Clark a rétorqué que l’Alberta aussi avait des problèmes relatifs aux coûts fluctuants des énergies sur le marché mondial et que « les gens sont tout à fait capables de le comprendre ». « Nous ne voulons pas abandonner le gaz naturel liquéfié, je suis déterminée », a-t-elle ajouté.

3/ LEADERSHIP

Pour la thématique du leadership, ce sont les questions d’éthique en politique et de dons monétaires qui ont occupé le devant de la scène. À commencer par l’affaire du financement obscur du Parti libéral de la province par de grosses entreprises dans plusieurs secteurs comme celui des mines ou de la foresterie. Esquivant le sujet, Christy Clark a embrayé sur la thématique de l’emploi qui est « celle qui compte », d’après elle.

La brèche ouverte, Andrew Weaver en a profité pour tacler John Horgan sur les récentes révélations selon lesquelles le Syndicat des Métallos payait les salaires d’employés hauts placés au sein du NPD.

« Nous avons proposé six fois, en vain, une législation sur les dons politiques pour retirer les gros sous de la poche des politiciens », affirme le néodémocrate qui assure qu’après cette campagne, le financement politique actuel sera réformé : « Ce sera l’une de nos premières mesures », promet-il. « Faites ce que je dis, mais pas ce que je fais », lui a alors rétorqué Andrew Weaver, sur un ton ironique.

4/ SOCIÉTÉ, ÉDUCATION, ÉCOLOGIE

Parmi les autres sujets de la soirée, la taxe sur le carbone, fierté de Christy Clark immédiatement reprise par Andrew Weaver : « C’est l’ancien premier ministre Gordon Campbell qui en est à l’origine, vous n’avez aucune légitimité dans ce dossier », a insisté à plusieurs reprises le leader vert qui propose, tout comme John Horgan, de doubler le prix de la taxe sur le carbone à 30 dollars la tonne.

Le chef du NDP a également attaqué la première ministre sortante au niveau de l’éducation : « Seize ans de coupes budgétaires illégales et Mme Clark ne s’est jamais excusée auprès de cette génération volée, comptez-vous vous excuser », a-t-il demandé. La chef libérale a rétorqué qu’un accord avec la Fédération des enseignants avait été trouvé et que les élèves britanno-colombiens étaient les meilleurs au monde en lecture et les 6e au monde en mathématiques.

Autre sujet incontournable : la crise des opioïdes. Christy Clark a défendu, une fois encore, son bilan, tandis qu’Andrew Weaver a proposé la création d’un ministère de la Dépendance et de la Santé mentale. John Horgan a plaidé, quant à lui, pour plus de centres d’injection supervisée et une utilisation concrète et urgente des 10 millions de dollars débloqués récemment par Ottawa.

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