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Débat électoral en français : pas de solutions concrètes pour les défis francophones

Les échanges ont été vifs, les dossiers nombreux et pertinents, mais aucun des trois participants au débat des candidats en français n'a offert mardi soir des solutions concrètes pour améliorer la condition des francophones en Ontario.

Une analyse de Claudine Brulé

La candidate libérale et ministre sortante des Affaires francophones, Marie-France Lalonde, a été particulièrement énergique lors du débat, prête à défendre le bilan de son gouvernement en matière de francophonie.

Elle répond habituellement aux questions de façon posée, mais pas cette fois. Au contraire, elle n'a cessé de lancer de virulentes répliques e à ses opposants.

Elle était visiblement prête à recevoir les flèches de ses adversaires et a adopté la même tactique que sa chef Kathleen Wynne. En d'autres mots, celle de défendre avec fierté ce qui a été accompli dans les dernières années.

Elle a par ailleurs mentionné la création du commissaire aux services en français, l'adoption du projet de loi sur l'Université de l'Ontario français et l'adhésion de la province à l'Organisation internationale de la francophonie.

Mais une fois questionnée sur l'avenir, elle a parlé d'une révision de la Loi sur les services en français sans élaborer sur les sections qui devraient, selon elle, être modernisées.

Comment offrir plus de soins de santé en français? Comment attirer plus d'immigrants francophones?

Voilà des questions pour lesquelles la candidate libérale n'a pas proposé de pistes de solution.

Son adversaire néo-démocrate, Gilles Bisson, lui a demandé à de nombreuses reprises pourquoi son parti a 15 ans avant de proposer des mesures pour les francophones?

Il a bien rappelé que c'est sa collègue France Gélinas qui a présenté deux fois le projet de loi pour créer une université de langue française, mais qui a été ignorée par le gouvernement libéral.

Gilles Bisson a bien démontré qu'il connaît la francophonie, avec des exemples du quotidien dans sa circonscription du Nord de la province ou pour ses petits-enfants qui grandissent dans une région non désignée en vertu de la Loi sur les services en français.

Quand la communauté rappelle la fermeture annoncée de l'hôpital universitaire francophone Monfort par le gouvernement de Mike Harris, M. Bisson ajoute que c'est aussi sous le gouvernement conservateur que le Collège des Grands Lacs a fermé ses portes.

Mais son parti a fait tout un faux pas en publiant la version française de son programme plus d'une semaine après son lancement officiel : son adversaire libéral n'a pas manqué de le lui rappeler.

Côté conservateur, c'était à se demander si on comprenait effectivement les enjeux de la francophonie.

Le chef Doug Ford n'a pas dit un seul mot en français, pas même « Bonjour » dans son mot d'ouverture préenregistré.

En comparaison, Andrea Horwath, qui parle probablement un français équivalent avait un petit mot de bienvenue en français.

Il n'y mentionnait par ailleurs aucun dossier chaud pour les francophones et a répété le même message qu'il livre à chacun de ses rassemblements : il va réduire les impôts, les tarifs d'électricité, la médecine de couloirs...

Questionné sur l'éducation, il a parlé de l'importance des écoles d'immersion et il dit que le français est important pour les emplois et les voyages.

Sur la santé, il veut recruter des médecins et infirmières francophones au Québec.

Des réponses qui nous font demander si le parti saisit la réalité des Franco-ontariens.

Sa candidate Gila Martow a beaucoup parlé d'éducation, de formation de plus d'enseignants francophones, pour, dit-elle, former une main-d'oeuvre bilingue capable d'offrir des services dans les deux langues.

Mais avec ce scénario, il faudra attendre plusieurs années avant que les travailleurs bilingues puissent effectivement intégrer le marché du travail.

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