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Débat en Ontario : Doug Ford attaqué sur l'absence de sa plateforme électorale

Doug Ford a été la cible d'attaques répétées de la part des chefs du Nouveau Parti démocratique (NPD) de l'Ontario et du Parti libéral de l'Ontario lors du débat sur les élections provinciales, dimanche, parce qu'il n'a pas encore présenté de plateforme électorale complète alors que les Ontariens votent déjà par anticipation.

Les derniers sondages suggèrent que le NPD se retrouve au coude à coude, voire aurait surpassé les progressistes-conservateurs dans les intentions de vote. Sa chef, Andrea Horwath, n'a pas manqué d'être la cible de vives attaques lors de ce dernier débat télévisé de la campagne.

La plateforme électorale du NPD comprend une erreur de calcul d’un total de 1,4 milliard de dollars. Lorsque M. Ford a attaqué Mme Horwath sur le sujet, celle-ci n'a pas nié les faits. « Nous avons admis qu'il y avait une erreur et nous l'avons réparée immédiatement », a-t-elle soutenu.

Elle a ensuite accusé M. Ford de ne pas avoir publié de plateforme électorale. « Nous n'avons même pas vu les chiffres de M. Ford. Les gens ont commencé à voter [samedi] », a martelé Mme Horwath.

La chef libérale et première ministre sortante Kathleen Wynne – dont la popularité a chuté sous la barre des 20 %, plaçant son parti au troisième rang dans les sondages – a également critiqué le manque de plan des conservateurs.

M. Ford a rétorqué en montrant du doigt l'état déficient du système de santé de la province sous le gouvernement libéral et a renchéri qu’il planifiait de consulter les travailleurs de la santé pour régler les problèmes.

« Nous allons nous assurer que nous écoutons les médecins de première ligne et les infirmières », a-t-il dit.

« Vous savez, Doug, vous auriez pu avoir ces conversations avant de vous présenter ici, et vous auriez pu préparer une plateforme », a répliqué Mme Wynne.

« C'est comme ça qu’on développe des politiques, c'est comme ça qu’on créé une plateforme électorale : on parle aux gens sur le terrain! », a-t-elle lancé.

M. Ford a répondu aux questions sur le financement des engagements de son parti en évoquant de vagues promesses de trouver des « gains d'efficacité ». Les libéraux et les néo-démocrates, eux, ont répliqué que les coûteux plans du Parti progressiste-conservateur se traduiront par des coupes dans les services publics.

M. Ford a rétorqué que ses « gains d'efficacité » n'entraîneraient pas une seule perte d'emploi.

Le chef du Parti progressiste-conservateur, qui a refusé de dire précisément quand il publierait son plan, a assuré qu'il serait annoncé aux électeurs avant le 7 juin. M. Ford a prévenu qu'un gouvernement néo-démocrate provoquerait la tourmente économique, invoquant l'ancien premier ministre néo-démocrate Bob Rae et suggérant que les entreprises déménageront aux États-Unis.

« Le NPD anéantira, mes amis, la classe moyenne, a-t-il dit. Nous l'avons déjà vu. »

Horwath se démarque

L'absence d'une plateforme budgétée et complète du Parti progressiste-conservateur pourrait nuire à la crédibilité du chef du parti auprès des électeurs, a déclaré Cristine de Clercy, professeure agrégée de sciences politiques à l'Université Western.

« Je pense qu’il a eu l’air fou ce soir à cause de son manque de plateforme », a-t-elle estimé.

« Il a inconsciemment contribué à cette perception en attaquant systématiquement les programmes des autres partis. Les deux autres chefs répondaient simplement : "Et vous?" Il n’avait pas de réponse lorsque défié de la sorte », a analysé Mme De Clercy.

Selon elle, les trois dirigeants ont obtenu de meilleurs résultats que ce qu’elle n’avait d’abord anticipé. Mme Horwath était confiante et positive, mais énergique, selon elle.

« Elle est prête pour l’avant-scène, a souligné Mme De Clercy. C'est quelqu'un qui travaille sur sa communication. Durant le débat, je me suis dit : "Elle peut gouverner". Je n'ai jamais eu cette impression auparavant. »

Mme De Clercy a aussi déclaré qu’à son avis, M. Ford a marqué des points, malgré tout, en brossant un tableau frappant de ce qu’attend l'Ontario sous un gouvernement néo-démocrate.

« Il a utilisé le mot "terrifiant" à plusieurs reprises, a-t-elle dit. Il était clair pour moi qu'il est conscient du défi que représente Mme Horwath et il a vraiment fait tout en son pouvoir pour expliquer aux électeurs pourquoi le Nouveau Parti démocratique n'est pas le bon choix. »

Voici notre récapitulatif en direct du débat :

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