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Débordement dans les hôpitaux de l'Ontario : un problème politique

La grippe a fait couler beaucoup d'encre depuis le début de l'année, mais elle n'est pas à l'origine de la crise qui sévit dans les hôpitaux de la province, selon la Coalition de la santé de l'Ontario, qui attribue plutôt le problème aux politiques gouvernementales.

Un texte de Catherine Poisson

Dimanche matin, le taux d'occupation du campus Met de l'Hôpital régional de Windsor était à 103 % de sa capacité, avec trois patients en attente d'un lit. Au total, sur les deux campus de l'hôpital, 14 chirurgies ont dû être reportées en raison du manque de lits.

Si le virus de l'influenza est en partie responsable de cette affluence, le problème est plus profond, estime la directrice générale de la Coalition de la santé de l'Ontario, Natalie Mehra.

« C'est une crise, et ce n'est pas seulement en raison de la grippe », affirme-t-elle. Et cette crise ne se limite pas à Windsor, selon Mme Mehra. Elle soutient que tous les hôpitaux des grandes villes de la province sont bondés.

« Ça veut dire que les lits sont pleins et que les patients qui se présentent à l'urgence doivent attendre dans les couloirs. Ça veut dire qu'on doit sortir les patients plus rapidement que jamais, même s'ils sont encore malades pour libérer des lits.

Ça veut dire qu'il y a moins d'ambulances sur les routes, car les ambulanciers doivent rester avec les patients jusqu'à ce qu'ils deviennent sous la responsabilité de l'hôpital », déplore la directrice.

Un « problème politique »

« L'influenza nous a frappés durement cette année », a déclaré la semaine dernière le directeur de l'Hôpital régional de Windsor, David Musyj, alors que les campus Met et Ouellette de l'hôpital étaient respectivement à 118 % et 104 % de leur capacité.

Or, selon Mme Mehra, les hôpitaux seraient en mesure de gérer l'augmentation temporaire de patients due au virus s'ils opéraient à un taux d'occupation de 85 %. Mais s'ils sont déjà à pleine capacité lorsque la saison de la grippe survient, la crise est inévitable, dit-elle.

« Au-delà de 85 %, ce n'est plus sécuritaire. On observe plus d'infections, plus de violence entre les patients qui sont frustrés, et un taux plus élevé de mortalité », déplore la directrice.

Pour Mme Mehra, il ne fait aucun doute que cette crise découle de l'absence de politiques publiques visant à augmenter la capacité des hôpitaux à long terme. « En Ontario, il n'y a aucune planification dans ce domaine », estime-t-elle.

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