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Début des consultations sur la réforme de l'aide sociale au Québec

La réforme de l'aide sociale au Québec a franchi une étape mercredi avec la publication, par le gouvernement Couillard, du règlement de la loi 70. Ce règlement met l'accent sur le programme Objectif emploi, lequel vise les personnes aptes à l'emploi qui font une première demande d'aide sociale.

Le Conseil des ministres avait entériné ce règlement le 28 juin dernier.

La période de consultations suivant la publication du règlement a été étendue de 45 à 60 jours, étant donné « que nous sommes en période estivale », a expliqué le ministre de l'Emploi et de la Solidarité sociale, François Blais. Les groupes touchés par cette réforme ont donc jusqu'à la mi-septembre environ pour s'exprimer sur la question.

Par ce règlement, le gouvernement rendra obligatoire la participation au programme Objectif emploi. Trois « parcours de réintégration sociale » s'offriront aux premiers demandeurs d'aide sociale : ils pourront rechercher activement un emploi, développer des compétences ou développer des habiletés sociales dans le but d'intégrer le marché du travail.

En entrevue mercredi sur ICI RDI, le ministre Blais a décrit l'aide qui sera apportée aux demandeurs d'aide sociale sur le plan de la scolarité : « Le retour aux études, la plupart des jeunes qui arrivent à l'aide sociale n'ont pas terminé leur secondaire 5, loin de là, donc on va leur donner une subvention additionnelle pour pouvoir retourner aux études et les encadrer davantage ».

Le ministre Blais affirme qu'il y a « beaucoup d'emplois prenables sur tout le territoire du Québec » pour ceux qui sont en mesure d'aller directement sur le marché du travail.

L'opposition reproche au ministre de réduire les prestations d'aide sociale de ceux qui ne suivront pas les règles du programme. La députée de Québec solidaire, Manon Massé, avait déclaré fin juin qu' « avec son plan à courte vue, François Blais condamnera des personnes à vivre avec environ 400 $ par mois ».

À cela, François Blais rétorque que les personnes exclues d'Objectif emploi « parce qu'elles ne sont pas disponibles pour différentes bonnes raisons [...] ne seront pas pénalisées ».

Les sanctions auxquelles pourraient s'exposer les assistés sociaux réfractaires à la réforme – la perte d'une prime et le retranchement de sommes d'argent – vont les « éloigner » davantage, selon la Coalition objectif dignité, plutôt que d'encourager l'intégration au marché du travail.

L'un des porte-parole de la coalition, Serge Petitclerc, a déclaré à La Presse canadienne que ceux qui allaient être le plus pénalisés par la réforme étaient les « maganés de la vie », ceux qui sont par exemple affligés par la maladie.

Le gouvernement a « très hâte de procéder » - François Blais

Dorénavant, toute personne voulant s'inscrire à l'aide sociale devra rencontrer un agent d'aide à l'emploi qui mettra à sa disposition « des plans d'Intégration », dit le ministre Blais.

Le gouvernement a « très hâte de procéder », reconnaît François Blais car, à l'heure actuelle, le programme de réinsertion à l'emploi d'Emploi Québec n'est pas pleinement utilisé. « Et pourtant, il y a tellement d'emplois qui sont prenables », dit François Blais.

La grève des juristes de l'État a retardé l'élaboration de ce règlement, a reconnu le ministre, un règlement nécessitant une attention particulière du fait qu'il touche « une clientèle sensible », dit-il.

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