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Décret anti-immigration: des avocats offrent gratuitement leurs services à l'aéroport Pearson

Des dizaines d'avocats bénévoles se relaient à l'aéroport Pearson de Toronto afin d'offrir gratuitement des conseils au ressortissants des pays visés par le décret sur l'immigration qui se rendent aux États-Unis.

Un texte de Marie-Christine Rioux

Les membres de la Coalition juridique transfrontalière canadienne viennent en aide aux voyageurs dont le visa a été refusé au cours des derniers jours en raison du décret sur l'immigration du président américain Donald Trump.

Depuis la suspension temporaire de l'application du décret anti-immigration de l'administration Trump, les matinées sont plus tranquilles pour Andrew Brouwer, avocat bénévole de la Coalition juridique transfrontalière canadienne.

Les ressortissants des sept pays à majorité musulmane dont les visas avaient été révoqués peuvent donc présentement se rendre aux États-Unis

Le décret est évalué par la Cour d'appel américaine cet après-midi afin de décider si ce dernier peut être remis en vigueur par le président.

C’est une bataille juridique épique qui se trame présentement aux États-Unis. Il y a une audience cet après-midi, car le gouvernement américain tente de casser l’injonction qui restreint l’exécution du décret présidentiel sur l’immigration.

Andrew Brouwer, avocat bénévole de la Coalition juridique transfrontalière canadienne

Le décret anti-immigration est entré en vigueur le 27 janvier dernier. Les ressortissants des sept pays visés par le décret - Iran, Irak, Libye, Somalie, Soudan et Yémen- ne pouvaient plus se rendre aux États-Unis, même s’ils disposaient d’un visa valide. Les compagnies aériennes leur interdisaient de monter à bord.

Des gens avaient peur. Des gens pleuraient. J’ai entendu le cas d’une famille qui était dans un camp de réfugiés en Somalie qui venait juste d’obtenir son visa. Ils ont vendu tous leurs effets personnels, ils ont quitté le camp, puis ils sont restés coincés à l’aéroport de Nairobi. C’est comme si le sol s’était dérobé sous leurs pieds: l’entrée aux États-Unis leur a été refusée.

Andrew Brouwer, avocat bénévole de la Coalition juridique transfrontalière canadienne

Une des avocates bénévoles présentes à l'aéroport, Anna De Lataulade, souhaite que le décret demeure invalidé par la Cour d’appel américaine. Selon elle, il s’agit d’une anomalie de la part d’un pays qui a signé la Déclaration universelle des droits de l’homme.

On s'attend à ce que les droits de l'homme soient respectés et au Canada et aux États-Unis. Il y a eu assez de personnes qui se sont prononcées sur ces choses très basiques, très importantes. On espère que les décisions qui sont discriminatoires ne seront plus suivies.

Anna De Lataulade, avocate bénévole de la Coalition juridique transfrontalière canadienne

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