Retour

Défaite cuisante du NPD : Greg Selinger démissionne

Le Nouveau Parti démocratique (NPD), emmené par le premier ministre sortant Greg Selinger, a subi une défaite cuisante mardi lors de la 41e élection générale du Manitoba. Le chef du parti a par ailleurs annoncé avoir remis sa démission lorsqu'il s'est adressé à ses partisans à l'issue de la soirée.

Le Parti progressiste-conservateur (PC) formera le prochain gouvernement provincial et détiendra une forte majorité à l'Assemblée législative.

« Amis, la démocratie a fonctionné ce soir », a commencé Greg Selinger lors d'un discours adressé à ses partisans pendant lequel il a longuement remercié les candidats et les bénévoles.

« Ce soir, j'ai parlé au président du parti et j'ai offert ma démission, a déclaré Greg Selinger. J'assume la responsabilité des résultats de cette élection. »

Un point de pourcentage de trop

Le premier ministre sortant, Greg Selinger, était devenu fortement impopulaire au sein de la population manitobaine après avoir décidé d'augmenter, en 2013, la taxe de vente provinciale de 7 % à 8 %.

En perte de vitesse dans les sondages, sa gouvernance avait été contestée au sein même de son parti. Une fronde, menée par l'ancienne ministre de l'Emploi et de l'Économie, Theresa Oswald, a conduit à la démission de cinq de ses ministres à l'automne 2014.

Cette dernière a dit ne pas avoir été surprise par le résultat : « Cela fait trois ans que nous savons que les conservateurs nous devancent. C'est une soirée crève-coeur pour le NPD ».

La fin d'une époque

Pour l'analyste politique Raymond Hébert, cette soirée marque un tournant dans la vie politique de la province: « Il faut souligner que c'est la fin d'une époque ».

« Je pense que c'est une bien meilleure décision que celle que M. Mulcair a prise comme chef du Nouveau Parti démocratique fédéral: avec la défaite cuisante qu'il a subie il a décidé de rester chef du parti », ajoute-t-il.

« Il y a une chose qu'on peut dire de Greg Selinger, c'est qu'il est têtu, poursuit Raymond Hébert. Je ne comprends pas pourquoi il n'a pas démissionné il y a deux ans alors qu'il savait qu'il y avait de la bisbille au sein de son cabinet. Il aurait pu quitter de façon gracieuse et avoir toutes les fleurs, les accolades d'un grand chef politique ».

Pour sa part, l'analyste Michelle Smith estime qu'il est « difficile de ne pas aimer Greg Selinger. Je trouve que c'est un grand homme, un grand politicien, un grand orateur. Il aime son Manitoba. »

Élections Manitoba 2016 : section spéciale

Plus d'articles

Commentaires