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Délais d'attente des chirurgies pour le cancer : Québec rate ses cibles

Les patients atteints d'un cancer au Québec peuvent attendre plus d'un mois avant de se faire opérer, ce qui représente des délais trop longs, conclut la vérificatrice générale Guylaine Leclerc dans son rapport qui a été déposé mercredi.

Les délais d’attente pour une part importante des opérations chirurgicales oncologiques « ne respectent pas » la cible fixée par le ministère de la Santé et des Services sociaux, selon la vérificatrice générale.

En 2015-2016, 39 % des patients atteints d’un cancer attendaient plus de 28 jours pour obtenir une telle chirurgie.

« Bien que la virulence de certaines maladies requière une intervention plus rapide », Guylaine Leclerc ajoute que les délais fixés pour une intervention chirurgicale « ne tiennent pas compte de l’urgence de réaliser celle-ci ».

Elle qualifie d'ailleurs « d'incomplète » la statistique sur le délai d'attente pour une opération, puisque celle-ci commence seulement au moment où une requête opératoire est signée plus tôt qu'à compter du début du diagnostic.

« Les données utilisées pour ce calcul ne sont pas de bonne qualité », écrit-elle.

La réponse s’en vient, se défend Barrette

« C’est correct ce qui est constaté », affirme le ministre de la Santé et des Services sociaux, Gaétan Barrette, en réponse à ces lacunes identifiées par la vérificatrice générale.

« Mais la réponse à ça, poursuit-il, on est en train de la mettre en place. La réponse à ça, c’est l’informatisation de la donnée clinique. »

L’analyse de la vérificatrice générale lui a aussi permis d'observer une augmentation des interventions chirurgicales de seulement 5,5 % de 2010-2011 à 2015-2016 alors que les dépenses des établissements et la rémunération des chirurgiens et des anesthésiologistes ont bondi respectivement de 17,9 % et de 35,2 %.

En 2015-2016, les 635 000 opérations ont entraîné des dépenses de 1,9 milliard de dollars.

Risques de contamination dans les blocs opératoires

Mme Leclerc a audité trois centres hospitaliers du Québec, soit l’Hôpital de Chicoutimi, l’Hôpital régional de Saint-Jérôme et l’Hôpital général juif de Montréal.

Selon elle, les centres de Chicoutimi et de Saint-Jérôme ont des blocs opératoires jugés « vétustes », des équipements de chirurgie et de stérilisation ayant atteint leur durée de vie utile et « réduiraient leurs coûts de fonctionnement par une meilleure gestion des fournitures et des instruments du bloc opératoire ».

Comme exemple pour décrire l’état de la situation, Mme Leclerc indique que du matériel non stérilisé croise parfois du matériel stérilisé. « C’est certain qu’il y a des risques d’infection, c’est le plus loin qu’on peut aller », a-t-elle précisé.

À ce sujet, Gaétan Barrette a réagi en disant que l’analyse de la VG est portée jusqu’en 2016. Il soutient qu’entre 2016 et 2018, son gouvernement a mis en place plusieurs actions concrètes afin de corriger le problème.

L’opposition voit les choses d’un autre œil et n’hésite pas remettre sur le tapis la controversée entente du gouvernement Couillard avec les médecins spécialistes.

« Est-ce que le ministre de la Santé peut nous expliquer pourquoi la seule chose qui s’est améliorée dans les chirurgies, c’est la rémunération des médecins? » a demandé la porte-parole du Parti québécois en matière de santé et d’accessibilité aux soins, Diane Lamarre, lors de la période de questions mercredi.

« Ça n’a pas de bon sens », a pour sa part commenté le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault, lors d’une mêlée de presse.

« Le coût pour payer les médecins dans la même période s’est accru de 35 %, donc 7 fois plus que le nombre de chirurgies réellement faites », a souligné le député de Québec solidaire, Amir Khadir.

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