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Demandeurs d'asile : « à quelques semaines » d'un système de triage assure le ministre Hussen

Le ministre fédéral de l'Immigration Ahmed Hussen a répété vendredi que l'instauration d'un système de triage permettant de transférer en Ontario des migrants qui entrent irrégulièrement au Québec depuis les États-Unis n'était qu'une question de semaines, et non de mois.

M. Hussen avait déjà parlé de cet échéancier il y a dix jours, alors qu’il faisait le point sur le dossier des migrants irréguliers, avec trois autres ministres du cabinet Trudeau.

« Le système est en train d’être établi entre le Québec et l’Ontario, a-t-il dit lors d’une téléconférence. Le Québec est un peu plus avancé dans le développement de ce système, à cause de son expérience de l’été passé. »

Selon M. Hussen, le gouvernement fédéral a présenté différents « modèles » de triage aux deux provinces, et souhaite qu’elles choisissent celui qui leur convient, sans donner de détails.

Ces développements surviennent après que le gouvernement québécois soit, en avril, monté au front pour exiger plus d’aide et de moyens de la part du fédéral pour aider la province à accueillir les milliers de demandeurs d’asile qui se présentent à sa frontière.

Le fédéral avait alors promis d’améliorer le processus de triage, qui vise à permettre aux demandeurs d'asile qui désirent s'installer dans une autre province de le faire. Il doit également alléger les responsabilités des métropoles, où se concentrent les demandeurs d’asile.

Le ministre a signalé que des fonctionnaires ontariens sillonnent leur province pour identifier des sites potentiels d'hébergement temporaire à l'extérieur de Toronto.

Dans la ville reine, les autorités affirment avoir atteint le maximum de leurs capacités. Les employés municipaux devront ouvrir un centre d’accueil d’urgence d’ici une semaine pour accueillir les familles migrantes.

Les éléments de base de ce système de triage devaient initialement être prêts avant la fin du mois d'avril, selon les informations qu'avait données aux journalistes un cadre supérieur de l'Agence des services frontaliers du Canada.

Retour du Nigeria

Par ailleurs, les démarches du gouvernement canadien pour ralentir le flux de demandeurs d’asile à la frontière se poursuivent, a souligné le ministre, qui revient tout juste du Nigeria où il a mené une mission visant à mieux informer les élus et la population.

Plus de la moitié des quelque 7000 demandeurs d’asile qui ont franchi la frontière canadienne depuis le début de l’année sont de nationalité nigériane et près de 75 % d’entre eux ont obtenu légalement un visa de touriste pour les États-Unis. Le ministre n’a pas hésité à parler d’un « système d’abus du visa américain ».

M. Hussen dit que le gouvernement nigérian s'est engagé à transmettre le message à sa population que les entrées irrégulières à la frontière ne constituent pas un « billet d'entrée gratuit » pour le Canada.

Le Nigeria a également promis d'émettre plus rapidement les documents de voyage appropriés pour ses ressortissants qui doivent être expulsés et sans lesquels il est difficile de procéder, a précisé M. Hussen. « Il y a des gens qui doivent être expulsés et qui sont pris ici parce qu’ils n’ont pas de papier », a rappelé le ministre.

Le gouvernement canadien continue de mener des campagnes publicitaires ciblées pour passer son message, notamment sur les réseaux sociaux, a expliqué le ministre Hussen.

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