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Demandeurs d'asile : d'où viennent ceux qui traversent la frontière?

Depuis plusieurs mois, ils tentent leur chance en traversant la frontière canado-américaine de manière irrégulière. Ils étaient principalement Haïtiens en 2017. Ils sont en majorité Nigérians cette année.

Un texte de Philippe-Vincent Foisy

Au total, les demandeurs d’asile proviennent d’une quarantaine de pays, selon des chiffres du ministère de l’Immigration du Canada obtenus par Radio-Canada.

Ottawa a annoncé cette semaine que le ministre de l’Immigration, Ahmed Hussein, se rendra au Nigéria.

Il compte convaincre ceux qui seraient tentés de franchir la frontière de façon irrégulière, en passant par les États-Unis, d’y penser à deux fois.

Le gouvernement Trudeau avait déjà envoyé deux de ses députés aux États-Unis pour parler aux membres de la diaspora haïtienne et sud-américaine.

Signe de réussite, selon le gouvernement, on a observé une baisse importante du nombre de demandeurs d’asile haïtiens.

Selon les données obtenues, pendant les deux premiers mois de l’année 2018, plus de 50 % des demandeurs d’asile provenaient du Nigéria.

En 2017, ils étaient plus de 4000 (21,5 % du total), soit le deuxième pays en importance. Plus de 6000 Haïtiens l’avaient traversée (32,6 %).

Les origines des demandeurs d’asile sont diverses : Turquie, Érythrée, Syrie, Yémen, République démocratique du Congo (RDC)… des zones affligées par des conflits ou des gouvernements autoritaires.

De nombreux Américains parmi les demandeurs d'asile

Fait intéressant dans les données, plusieurs demandeurs d’asile détiennent un passeport des États-Unis : 1451, en 2017.

« Ce sont souvent les enfants nés aux États-Unis qui ont des parents d’une autre origine », explique l’avocat spécialisé en droit de l’immigration, Stéphane Handfield.

Selon lui, il est clair que leur demande de statut de réfugié sera refusée, mais ces Américains pourraient néanmoins demeurer au Canada si la demande de leurs parents est acceptée.

Il croit que le déclin observé chez certains, comme les Haïtiens, provient du fait que les règles sont mieux comprises.

« La perception chez certains provenant des diasporas – donc, le message qui était véhiculé à l’étranger et qui a été compris par les demandeurs d’asile– , c’était qu’ils n’avaient qu’à traverser la frontière canadienne et demander le statut de réfugié pour être acceptés, ce qui est complètement faux », ajoute Me Handfield.

Dans l'attente d'une stratégie d'Ottawa

Pour le conservateur Pierre Paul-Hus, le gouvernement Trudeau doit présenter un plan pour éviter de gérer cette crise à la pièce.

« Si la stratégie a fonctionné pour Haïti, tant mieux. Là, le problème, c’est avec le Nigéria  il faut qu’il commence à gérer à plus long terme », lance-t-il.

Même son de cloche du côté du porte-parole du NPD en matière de sécurité publique, Matthew Dubé.

« Le gouvernement a été à la remorque des événements, dit-il. Au lieu de s’y prendre d’avance, de concevoir un plan d’ensemble et d’anticiper ce qui allait arriver cet été, les libéraux ont trop attendu avant d’agir. »

Par communiqué, l’attaché de presse du ministre de l’Immigration, Mathieu Genest, a indiqué que le gouvernement travaille à ce que « les gens qui souhaitent venir au Canada soient bien au fait de la législation canadienne en matière d’immigration ».

« Une telle demande n’est pas un gage de réussite, indique-t-il. Il est trop tôt pour dire quel sera le taux d'approbation pour l'afflux récent de ressortissants nigérians. »

Le système est lent, les demandes sont importantes. En date du 7 mai 2018, l’évaluation initiale d’un dossier prenait 19 mois et il faut attendre un autre 10 mois pour obtenir une décision finale.

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