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Départ de Patrick Brown : des Franco-Ontariens réagissent

Des groupes de Franco-Ontariens soulignent le courage des femmes derrière les allégations d'inconduite sexuelle à l'endroit de l'ex-chef conservateur ontarien. D'autres se demandent si le nouveau chef sera bilingue et favorable aux demandes des francophones.

Un texte d'Annie Poulin

Patrick Brown a annoncé son départ de la direction du parti dans la foulée de ces allégations.

« J'ai un petit soulagement pour les femmes qui ont eu le courage d'aller de l'avant », affirme Dada Gasirabo, la directrice d'Oasis Centre des Femmes à Toronto.

« En même temps, j'espère que ce n'est pas vrai parce que c'est quand même un leader, un leader assez important », ajoute-t-elle.

Maïra Martin, la directrice de l'Action ontarienne contre la violence faite aux femmes, croit que la démission précipitée de Patrick Brown est un signe que les mentalités évoluent.

« Il y a 5 ou 10 ans, on ne se serait pas fié à la parole des femmes. On aurait tout de suite dit qu'elles mentaient et l'élection aurait continué comme si de rien n'était », dit-elle.

Patrick Brown affirme que les allégations sont fausses et qu'il entend se défendre vigoureusement.

Perte d'un chef bilingue

L'ancien chef conservateur s'exprimait en français et il a montré de l'ouverture envers les revendications des francophones au cours des dernières années.

Le président de l'Assemblée de la francophonie de l'Ontario, Carol Jolin, s'attend maintenant à ce que les conservateurs continuent de prêter une grande attention aux dossiers francophones, même après la nomination d'un nouveau chef.

« Lors de leur dernier congrès, ils ont mis des éléments francophones dans leur plateforme, donc je pense que ça va se poursuivre », explique-t-il.

De leur côté, les groupes de jeunes qui ont beaucoup milité à Queen's Park pour la création d'une université franco-ontarienne se disent secoués.

« Nous sommes choqués, vraiment troublés par ces allégations », réagit Pablo Mhanna-Sandoval, président de la Fédération de la jeunesse franco-ontarienne (FESFO).

Il espère que le prochain chef du Parti progressif-conservateur sera aussi bilingue.

Selon la constitution du parti, le caucus doit choisir un nouveau chef qui agira par intérim jusqu'à la tenue d'un congrès à la direction.

Les candidats devront faire vite puisque les prochaines élections provinciales auront lieu le 7 juin, dans 19 semaines.

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