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Derek Fildebrandt s'excuse et quitte son poste de porte-parole de l'opposition officielle en matière de finances

Au terme d'une journée marquée par une controverse grandissant sans cesse et dont il est l'épicentre, Derek Fildebrandt a finalement présenté ses excuses tard jeudi soir, annonçant du même souffle qu'il quittait son poste de porte-parole de l'opposition officielle en matière de finances.

Plus tôt dans la journée, il avait dénoncé une cabale dirigée contre lui, accusant ses adversaires de monter une « campagne de salissage » à son endroit.

« Je reconnais toutefois que des gens ne verraient pas la situation du même oeil. J'ai parlé à mes électeurs et ils n'ont jamais tort. Je m'excuse », a écrit dans un communiqué l'élu de Strathmore-Brooks.

M. Fildebrandt a également annoncé qu'il s'absente de son rôle de porte-parole de l'opposition officielle en matière de finances pour le Parti conservateur uni. Il affirme aussi avoir déjà remboursé la somme qu'il a gagnée en sous-louant son appartement « au coeur de l'avenue Jasper » pendant huit mois, soit le montant de 2555 dollars.

Immédiatement après la publication de son communiqué, le Parti conservateur uni a émis le sien.

« Derek s'est excusé pour avoir sous-loué son domicile d'Edmonton et il a remis l'argent aux contribuables. À compter d'aujourd'hui [jeudi], il prendra congé de ses responsabilités à titre de co-porte-parole de l'opposition officielle en matière de finances. »

« J'ai un véhicule. Je ne pense pas le louer à Uber pour autant »

La pression devenait insoutenable pour M. Fildebrandt, qui a fait de la responsabilité fiscale son cheval de bataille politique.

La première ministre Rachel Notley a publiquement demandé à M. Fildebrandt de présenter ses excuses aux Albertains, estimant que l'élu de Strathmore-Brooks aurait dû savoir mieux que quiconque que ses agissements étaient contraires à l'éthique.

« J'ai un véhicule qui, parfois, ne roule pas, a dit Mme Notley depuis Hardisty, où elle inaugurait le chantier de la ligne 3 d'Enbridge. Ce n'est pas pour autant mon intention de le louer à Uber, ou d'en faire des profits. »

Le ministre albertain des Finances, Joe Ceci, s'est fait l'écho de sa première ministre, estimant que des agissements semblables à ceux de M. Fildebrandt « détruisent la foi que les électeurs placent en leurs élus. »

Le chef du Parti albertain, Greg Clark, a quant à lui taxé d'hypocrisie l'ancien président de l'Association des contribuables de l'Alberta, exigeant la tenue d'une enquête sur les agissements de M. Fildebrandt.

Aucune règle enfreinte... puisqu'aucune règle n'est écrite

Derek Fildebrandt n'aura cependant pas à justifier devant le Bureau de l'Assemblée législative le montant maximal de 23 160 dollars qu'il a réclamé l'année dernière pour l'appartement financé par l'État qu'il sous-louait sur le service d'hébergement Airbnb. Le secrétaire général du président de la législature albertaine, Alex McCuaig, affirme qu'il n'a enfreint aucune règle. Il admet toutefois qu'aucune mention d'Airbnb ne figurait au code de règlements.

M. Fildebrandt n'a donc contrevenu à aucune règle, puisqu'aucune règle s'appliquant à son cas particulier n'a encore été écrite.

Les allocations consenties aux élus qui viennent de l'extérieur de la capitale font parfois l'objet d'une vérification du Bureau de l'Assemblée législative, qui se réserve le droit d'exiger les pièces justificatives de toutes les dépenses remboursées.

Cependant, de l'aveu même de M. McCuaig, le système repose sur la probité et l'honnêteté des élus, davantage que sur des inspections régulières.

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