Les néo-démocrates sont-ils capables de rééquilibrer les finances albertaines? Le gouvernement de Rachel Notley espère en convaincre les Albertains ce jeudi alors qu'il présente son quatrième budget déficitaire de suite, un peu plus d'un an avant les prochaines élections provinciales.

Un texte de Laurent Pirot

Les néo-démocrates, arrivés au pouvoir pendant une sévère crise économique liée à la baisse des cours du pétrole, ont choisi de ne pas réduire les dépenses, faisant plutôt le choix d'enregistrer des déficits records et d’accumuler une dette, ternissant par la même occasion leur bilan.

Depuis l’élection de 2015, les grandes agences de notation ont revu à la baisse la note de crédit de l’Alberta à six reprises. L’année financière 2017-18 devrait se terminer sur un déficit de plus de 9 milliards de dollars et une dette cumulée dépassant les 40 milliards de dollars.

« Ils n’ont montré aucun respect pour le déficit », accuse le chef de l’opposition officielle, le conservateur Jason Kenney.

Le gouvernement dit plutôt qu’il a protégé l’Alberta d’une crise plus sévère, notamment par un important plan d’investissement dans les infrastructures qui a créé des emplois.

L'économie va mieux

La reprise des cours du pétrole aidant, le ministre des Finances Joe Ceci devrait présenter un bilan en amélioration pour la province.

Le ministre Ceci devrait réduire les investissements dans les infrastructures et continuer de limiter la hausse des dépenses courantes. Le gouvernement a aussi confirmé son effort pour soutenir les industries qui ne sont pas directement liées à la production pétrolière, comme la chimie ou les technologies de pointe.

Les observateurs n’attendent aucune nouvelle dépense d’envergure dans ce budget. « Je serais très surpris, ce gouvernement a été très prudent », juge le politologue de l’Université de l’Alberta Jared Wesley. « Le gouvernement ne veut pas faire de choses trop radicales avant l’élection qui vient » au printemps 2019, complète sa collègue Laurie Atkin.

Équilibre dans cinq ans

Les néo-démocrates devraient tout de même détailler leur plan pour ramener les finances de la province à l’équilibre en 2023-24, ce qu’ils avaient refusé de faire depuis trois ans.

Le plan est en partie basé sur la construction de deux pipelines d’exportation du pétrole albertain, et en particulier celle du très contesté pipeline Trans Mountain. Les travaux pour l'expansion de ce pipeline n'ont d'ailleurs pas encore réellement commencé.

« Il semble compter sur la chance pour équilibrer le budget, critique Jason Kenney, ça n’est pas assez sérieux. »

Enjeux électoraux

Politiquement, ce budget est crucial, estiment les observateurs. « Le gouvernement a besoin de montrer une baisse du déficit » pour espérer une réélection en 2019, estime le politologue Duane Bratt, de l’université Mount Royal. « C’est le budget de l’élection. »

Les conservateurs ont affirmé qu’ils ne présenteraient pas de budget alternatif, mais ils proposent de supprimer la taxe sur le carbone, qui rapporte presque deux milliards de dollars par an. Ils réfléchissent aussi à des baisses d’impôts pour les entreprises et les particuliers qui gagnent plus de 125 000 $.

Le Parti conservateur uni pense lui aussi équilibrer le budget en 2022-23.

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