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Des activistes à Edmonton veulent un comité sur l'anti-racisme

Des défenseurs des droits humains accusent la Ville d'Edmonton de « traîner de la patte » en matière de lutte contre le racisme. Ufuoma Odebela-Fregene et Ahmed Abdulkadir demandent la mise sur pied d'un comité-conseil sur les politiques anti-racistes de la Ville.

Edmonton pourrait en faire davantage pour devenir une ville plus inclusive, croient des militants anti-racistes. L’un de ceux qui prônent la création de ce comité spécial rappelle que plusieurs personnes font face à du racisme dans leur vie. « Nos communautés doivent se retrouver autour de la table si nous souhaitons une réconciliation sur cette question », pense Ahmed Abdulkadir.

Cette requête fait surface au moment même où le conseil municipal et le maire d’Edmonton, Don Iveson, prennent connaissance mercredi du rapport provisoire pour développer un nouveau plan pour l’inclusion et l’anti-racisme.

Un rapport sur le racisme

Le rapport de 44 pages a été écrit à la suite d'une motion adoptée en novembre 2016. On y présente les résultats d’un sondage mené auprès de résidents de la ville pour comprendre de quelle façon le racisme se manifeste. Ce document comprend également des points de vue d’organismes communautaires et des recommandations pour tenter d’enrayer le problème.

La firme Banister Research a questionné 402 Edmontoniens en mai et juin dernier dans le cadre de ce sondage. Selon les données, une personne sur dix dit qu'elle-même ou un membre de sa famille a été victime de discrimination au cours de l'année écoulée. Les auteurs du rapport indiquent que pour les personnes racialisées, les chiffres ont doublé et presque triplé.

« Ils n’ont pas le sens de l’urgence »

L’activiste Ufuoma Odebela-Fregene dénonce l’inaction de la Ville. « Je me questionne sur sa capacité à tenir ses promesses », dit-elle. La critique d'Ufuoma Odebela-Fregene repose en partie sur le fait que le groupe Black Lives Matter Edmonton avait d’abord fait part de ces préoccupations à la Ville en 2016.

Mme Odebela-Fregene considère que le rapport présente, en plus, des « idées ridicules ». « Vous auriez dû vous assurer de mettre fin à toutes ces conneries avant qu’elles ne se retrouvent devant le conseil municipal », dit-elle.

Devant la « lenteur » de la Ville, la militante juge nécessaire le comité sur le racisme. Ahmed Abdulkadir explique que la formation du comité permettrait de poursuivre le travail de lutte contre le racisme en faisant de la prévention plutôt que de réagir aux incidents.

La Ville dit ne pas faire la sourde oreille

Mike Chow, le directeur par intérim des relations multiculturelles, assure que la Ville a déjà entendu les préoccupations de différentes communautés culturelles. « Leurs inquiétudes ne sont pas tombées dans l’oreille d’un sourd », dit-il.

M. Chow indique que plusieurs des suggestions reçues font même déjà partie du plan d’action proposé.

Toutefois, le directeur par intérim remarque que la lutte contre le racisme s’est plutôt transformée en effort d’inclusion dû au manque de financement fédéral et provincial. Le but du rapport intérimaire, dit-il, est justement de permettre à la Ville de comprendre la différence entre le travail d'inclusion et la lutte contre le racisme.

Le Conseil fait mercredi l'analyse du rapport intérimaire et se penchera sur le travail en collaboration avec la communauté qui est déjà entamé. La Ville doit remettre une version complète du rapport et des discussions le 29 mai prochain.

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