Il n'y a pas que le prix exorbitant des billets d'avion qui soulève la grogne des élus municipaux de plusieurs régions du Québec. L'absence d'aide financière pour les petites infrastructures aéroportuaires est aussi dénoncée. En effet, si un aéroport n'offre pas de « vols réguliers », il ne peut bénéficier des programmes gouvernementaux actuels.

Un texte de Michel-Félix Tremblay

Les aéroports municipaux accueillent régulièrement des vols nolisés, bien qu'on ne puisse les qualifier de réguliers. La sécurité de ces passagers n'est pas moins importante que celle des vols dits réguliers, estime le Conseil des aéroports du Québec.

À Sainte-Anne-des-Monts, un projet de 4 millions de dollars pour allonger la piste et améliorer les approches est en veilleuse depuis plusieurs mois. Le maire, Simon Deschênes, précise que la Ville ne peut débourser cette somme à elle seule. Pourtant, juge-t-il, cette réfection est nécessaire pour faciliter les évacuations médicales.

Le jet Challenger, du Service aérien gouvernemental, n'atterrit que par très beau temps sur la piste. C'est l'appareil le plus rapide de la flotte pour évacuer d'urgence des patients vers Québec.

À Matane, la Ville est aussi en attente, en raison de ces critères contraignants. Plus tôt dans l'année, elle a quand même déposé un projet de 6 millions de dollars qui permettrait, entre autres, de réparer les fissures sur la piste.

Cet été, le verdict est tombé. Sans surprise, Québec a refusé d'accorder le financement à la Ville de Matane, en disant que l'aéroport municipal n'a pas de « vols réguliers ».

L'argument de la Ville à l'effet que la réfection est nécessaire pour l'évacuation médicale urgente n'a pas été retenu. Pas plus que le fait que l'aéroport de Matane a accueilli plus de 700 vols en 2017, la plupart des avions nolisés.

Espoir en vue

Plusieurs élus réclament le retour du Programme d'aide au transport aérien (PATA), aboli un an après l'arrivée du gouvernement Couillard, en 2015.

Selon l'Union des municipalités du Québec, il faudrait 220 millions de dollars sur 5 ans pour rénover les aéroports qui appartiennent aux municipalités et aux MRC.

La tenue du Sommet sur le transport aérien régional, vendredi, à Lévis, confirme la volonté politique de Québec jugent les élus municipaux gaspésiens.

La tenue d'élections cet automne constitue donc un momentum pour satisfaire aux demandes des municipalités.

Ottawa dans la salle d'attente ?

Par contre, difficile de dire si le transport aérien régional constitue une priorité pour le gouvernement Trudeau. Plus tôt en janvier, la ministre du Revenu national et députée de Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine, Diane Lebouthillier était demeurée vague quant aux intentions d'Ottawa.

À la question : Est-ce que le transport aérien est une priorité pour votre gouvernement ?

« C'est une priorité pour moi », a lancé la ministre gaspésienne. Après avoir insisté à savoir si cette préoccupation était partagée par son chef et par le ministre des Transports, Marc Garneau, la ministre n'a pas voulu s'avancer, mais sa réponse laisse entendre qu'Ottawa attend de voir ce que Québec fera avant quoi que ce soit.

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