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Des agents frontaliers américains interceptent des pêcheurs canadiens en eaux canadiennes

Le gouvernement fédéral enquête après avoir appris que les équipages de deux bateaux de pêche canadiens ont été interrogés par des agents des services frontaliers américains dans les eaux canadiennes.

Selon Affaires mondiales Canada, les incidents se seraient produits les 24 et 25 juin à proximité de l’île Machias Seal et de la roche North, dans le golfe du Maine.

Les pêcheurs qui auraient été approchés et questionnés par les douaniers américains sont membres de l’Association des pêcheurs de Grand Manan.

Laurence Cook, le directeur de l’Association, a écrit sur Facebook que les agents américains impliqués dans l’incident « cherchaient des immigrants non autorisés ».

Depuis deux semaines, au moins 10 bateaux de pêcheurs du Nouveau-Brunswick ont été interceptés par des agents des services frontaliers américains alors qu'ils pêchaient dans des eaux contestées autour de l'île Machias Seal, selon un porte-parole des pêcheurs canadiens. La souveraineté de l'île est revendiquée par le Canada et les États-Unis.

Réactions des gouvernements canadien et américain

« La souveraineté du Canada sur l'île Machias Seal et les eaux environnantes existe depuis longtemps et repose sur des bases de droit international solides », a indiqué John Babcock, un porte-parole d’Affaires mondiales Canada, l’agence gouvernementale qui gère les relations diplomatiques et consulaires.

« D’ici le règlement de la question de la frontière, nous continuerons de prendre des mesures pratiques avec les États-Unis pour veiller à ce que la zone soit bien gérée », dit le porte-parole.

« Le Canada et les États-Unis coopèrent depuis longtemps pour garantir la bonne gestion de la pêche dans cette zone et pour qu’elle soit sûre pour les deux pays », ajoute M. Babcock, spécifiant que le Canada collabore « avec les organismes américains impliqués dans le dossier ».

Le Service des douanes et de la protection des frontières (U.S. Customs and Border Protection ou CBP) des États-Unis s’est limité à dire que le département d’État américain travaillait avec le gouvernement canadien dans ce dossier.

Du côté du département d’État, un porte-parole a répondu que c’est habituellement le Service des douanes et de la protection des frontières qui s'occupe de ces questions.

Un incident rare entre le Canada et les États-Unis

Robert Huebert, un professeur adjoint de science politique à l’Université de Calgary, estime que la situation est troublante dans le contexte de la politique de « tolérance zéro » décrétée par l’administration du président américain, Donald Trump, à la frontière entre les États-Unis et le Mexique.

« À ma connaissance, nous n’avons pas eu de problèmes depuis longtemps. C’est donc surprenant et, je crois, quelque peu préoccupant », dit M. Huebert, qui redoute des tensions « croissantes » à la frontière.

Une île dans une « zone grise »

L'île Machias Seal, située à environ 19 kilomètres au sud-ouest de l'île Grand Manan, et à l'est du Maine, se trouve dans une « zone grise » où les pêcheurs de homard canadiens et américains cohabitaient jusqu'ici paisiblement.

Mais le Canada et les États-Unis revendiquent tous les deux la souveraineté sur l'île et surtout, ses eaux environnantes, à l'embouchure de la baie de Fundy. Alors que les lucratives prises de homard augmentent dans cette zone, la concurrence entre pêcheurs s'est intensifiée depuis une dizaine d'années.

« Aucun des deux pays n'accepte qu'il y ait une zone grise », explique Stephen Kelly, chercheur à l'Université Duke de Durham, en Caroline du Nord, et ancien diplomate américain au Canada. « Cela a créé plus de tensions dans la région au cours de la dernière décennie », dit-il.

Le golfe du Maine n'est pas une voie de transit importante pour les immigrants illégaux aux États-Unis, indique M. Kelly. Il juge que la lutte contre les trafiquants de drogue est une préoccupation plus pertinente dans le secteur.

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