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Des chauffeurs de taxi abasourdis par l'adoption du projet de loi 100

L'adoption sous le bâillon du projet de loi sur l'industrie du taxi suscite des réactions mitigées. La création prochaine d'un projet pilote avec l'entreprise Uber inquiète les membres de l'industrie.

Un texte de Jérôme Labbé

Le projet de loi 100 a fait couler beaucoup d'encre depuis son dépôt par le ministre des Transports, Jacques Daoust. La version finale, adoptée vendredi soir par l'Assemblée nationale, prévoit le lancement, dans trois mois, d'un projet pilote avec Uber - un ajout de dernière minute, qui fait craindre à certains chauffeurs l'instauration d'un système à deux vitesses dont Uber sortirait gagnante.

On ne sait pas encore quel type de permis devront se procurer les chauffeurs d'Uber. Le gouvernement Couillard peut toutefois se féliciter d'avoir obtenu l'appui in extremis du Comité provincial de concertation et de développement de l'industrie du taxi (CPCDIT). Son président, Georges Tannous, préfère un projet de loi imparfait au flou juridique dont profite Uber depuis son arrivée au Québec.

M. Tannous se félicite d'avoir obtenu par écrit l'assurance que le projet pilote devra être équitable envers ceux qui possèdent déjà un permis de taxi. « Les permis de taxi ne vont pas baisser, c'est sûr et certain », promet-il.

La valeur des permis de taxi, dont le nombre est soumis à des quotas, est régulièrement estimée à 200 000 $. Or, les chauffeurs de taxi craignent que l'offre bonifiée en matière de transport de personnes ne vienne faire fondre les prix.

Autre son de cloche chez les Métallos

La position nuancée du CPCDIT tranche avec celle du Regroupement des travailleurs autonomes Métallos (RTAM) et de son porte-parole, Benoit Jugand, qui reproche au ministre Daoust une « volte-face inadmissible ».

Les Métallos promettent d'avoir Uber à l'oeil et d'être réactifs dans les prochains mois, mais aucune perturbation n'est prévue en cette fin de semaine de F1 à Montréal.

Vendredi, les libéraux ont refusé des amendements de l'opposition visant à forcer Uber à payer ses arrérages en taxes et impôts avant de pouvoir bénéficier d'un projet pilote. Le projet de loi 100 a été adopté à 57 voix contre 41, les trois partis d'opposition ayant voté contre.

Le gouvernement Couillard devra s'entendre avec Uber d'ici l'automne sur les modalités du projet pilote, qui pourrait s'étaler sur trois ans. Il est donc probable que la décision finale sera prise après les élections de 2018.

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