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Des députés fédéraux se penchent sur les lacunes de l’examen des infirmières diplômées

Le comité permanent des langues officielles se penche mercredi après-midi sur la formation des infirmières au pays, dans le contexte du taux d'échec élevé des diplômées francophones à l'examen d'entrée de la profession.

L’an dernier, seulement 40 % des diplômées en sciences infirmières de l’Université de Moncton ont réussi l’examen en français NCLEX-RN à leur première tentative. Le taux de réussite a atteint à peine 30 % à l’échelle nationale.

En entrevue à l’émission Le Réveil Nouveau-Brunswick, le commissaire aux langues officielles et ancien recteur de l’Université de Moncton, Raymond Théberge, a affirmé qu’il est urgent que la version française de l'examen soit remplacée.

« Le fait qu’on ait adopté une traduction pour le test [...], c’est quelque chose qui n’aurait jamais dû se passer », a-t-il déclaré.

Son homologue néo-brunswickoise, Katherine d’Entremont, en était arrivée au même constat dans un rapport publié au début du mois. Elle concluait que la version française de l’examen NCLEX-RN laissait à désirer, ce qui désavantageait les infirmières francophones.

Deux organismes acadiens ont depuis annoncé leur intention de déposer une poursuite en cour à ce sujet.

Raymond Théberge était au courant des lacunes

Raymond Théberge savait que la version française de l’examen était problématique, à l’époque où il dirigeait l’Université de Moncton. Le gouvernement provincial avait été prévenu, selon lui.

Il se réjouit des actions récentes entreprises pour résoudre le problème.

Entendu par le comité permanent sur les langues officielles

À Ottawa, le Comité permanent sur les langues officielles a entendu des membres de la communauté académique des universités de Moncton, d'Ottawa et Laurentienne décrire la problématique.

La situation est la même partout : depuis l'instauration du plus récent examen adopté par les associations professionnelles du Nouveau-Brunswick et de l'Ontario, les étudiants francophones choisissent massivement de le faire en anglais à cause du manque de ressources préparatoires et d'une traduction boiteuse.

Selon l'avocat spécialisé en droits linguistiques, Michel Doucet, le fédéral pourrait faire une pression politique en se penchant sur la question ou encore offrir une aide financière aux associations professionnelles, il en a d'ailleurs été question, mais ne pourrait pas contraindre ces associations à quoi que ce soit.

Lorsque les membres du comité des langues officielles ont demandé quelle était la position de l'Association professionnelle du Nouveau-Brunswick, ce sont représentant de l'Université de Moncton qui ont dû répondre que celle-ci n'avait pas encore pris position depuis la sortie du rapport accablant du Commissariat provincial des langues officielles, ajoutant qu'un nouvel examen est en train d'être élaboré en vue de l'automne 2019.

La chef du programme d’éducation de l’Association des infirmières et infirmiers du Nouveau-Brunswick, Ann Marie Shin, figure aussi parmi les témoins. L’Association a été prise à partie, dans ce dossier, pour son mutisme par rapport aux problèmes soulevés par la commissaire d’Entremont.

Le comité doit publier un rapport sur cet enjeu au terme de ses travaux.

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