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Des députés inquiets de l'implication de Hells Angels dans la marijuana médicinale

Les révélations de Radio-Canada au sujet de l'infiltration de membres et d'associés des Hells Angels dans la production légale de marijuana médicinale depuis 2013 ont fait réagir, mercredi, à la Chambre des communes.

Selon nos sources, certains membres du crime organisé ont soumis des demandes pour faire partie des producteurs autorisés par Santé Canada - un enjeu que les libéraux veulent éviter avec le dépôt, jeudi, du projet de loi sur la légalisation de la marijuana à des fins récréatives.

Le député conservateur de la circonscription de Mégantic-L'Érable, Luc Berthold, juge la situation « très inquiétante ».

« Est-ce que le gouvernement était assez naïf pour croire que le crime organisé allait se laisser faire sans rien faire? On voit que nos inquiétudes sont concrétisées, avant même que la légalisation de la marijuana soit concrète », a-t-il soutenu.

M. Berthold demande ce que le gouvernement libéral compte faire, estimant que « c'est un enjeu qui est trop grand pour Justin Trudeau ».

« Le gouvernement est pressé d'agir pour respecter une promesse électorale, alors qu'il y a plein de signaux qui sont envoyés partout pour dire que c'est inquiétant la façon dont il est en train de le faire », a-t-il dit. « Je pense que le gouvernement devrait commencer par écouter tous ces signaux-là et songer sérieusement aux gestes qu'il s'apprête à poser. »

Son collègue du Bloc québécois dans la circonscription de Rivière-du-Nord, Rhéal Fortin, se demande quant à lui comment la situation évoluera à la suite de l'adoption du projet de loi.

« C'est sûr que ce n'est pas rassurant. De penser qu'on se dirige vers une légalisation de la marijuana, on peut penser que ces mêmes demandeurs-là [du crime organisé] vont refaire des demandes. Alors, il va falloir que le gouvernement soit vigilant. C'est crucial comme question », a-t-il commenté.

M. Fortin estime également que le gouvernement du Québec doit être mis au fait de la situation.

Malgré tout, le député Fortin estime qu'il n'est « jamais trop tard pour bien faire ». « Il faut réagir. C'est sérieux, c'est grave », a-t-il estimé. « Je m'attends à ce qu'on fasse le travail avec diligence, avec sérieux et en collaboration avec Québec, qui a son rôle à jouer. »

Une meilleure surveillance

Par ailleurs, le ministre de la Sécurité publique, Ralph Goodale, a réitéré que son gouvernement travaille étroitement avec la Gendarmerie royale du Canada (GRC) pour éviter que le crime organisé profite du réseau légal de production et de vente de marijuana.

Le leader adjoint du Nouveau Parti démocratique et député de la circonscription de Beloeil-Chambly, Matthew Dubé, mise d'ailleurs sur ce travail de surveillance.

« On voit clairement que la GRC fait un certain travail », a-t-il noté. « Je pense qu'à la suite de ces révélations, le gouvernement devrait se pencher sur la question de s'assurer qu'on donne plus de ressources à la GRC pour s'attaquer à ça. »

Avec les informations de Louis Blouin

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