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Des électeurs partagés à l'approche des élections partielles

Les électeurs sont appelés à se rendre aux urnes lundi dans les circonscriptions d'Arthabaska, de Marie-Victorin, de Verdun et de Saint-Jérôme.

Ils devront choisir qui remplacera les politiciens qui ont, à leur façon, fait les manchettes ces derniers mois: Sylvie Roy, Bernard Drainville, Jacques Daoust et Pierre Karl Péladeau. Mais ces élections partielles intéressent-elles les citoyens? Tour d'horizon.

Verdun

Dans la circonscription de Verdun placardée d’affiches électorales, les élections ne passent pas inaperçues. Les citoyens de ce secteur s'y intéressent, même s'il s'agit de partielles.

« C’est une circonscription où les gens sont assez politisés », observe Andréanne Moreau, de l’hebdomadaire Le Messager Verdun. « Le maire a 5000 amis Facebook, le conseiller Sterling Downey aussi, les gens suivent quand même beaucoup la politique, surtout locale. »

Avec 17 % de la population qui parle anglais et près de 21 % des citoyens pour qui la langue première n’est pas l'une des deux langues officielles, Verdun était une forteresse libérale représentée par Jacques Daoust jusqu’à sa démission au mois d’août. L'ancien ministre libéral a quitté ses fonctions après s'être retrouvé au cœur de la controverse entourant la vente de Rona à des intérêts américains.

Quatre candidats tenteront de reprendre le flambeau : Isabelle Melançon du Parti libéral (PLQ), Richard Langlais du Parti Québécois (PQ), Ginette Marotte de la Coalition Avenir Québec (CAQ), et Véronique Martineau de Québec solidaire (QS).

Certains citoyens s’attendent surtout à ce que leur nouvel élu soit présent sur le terrain.

« C’est certain qu’avoir un ministre, il y a toujours un poids plus fort lorsqu’on veut s’adresser au gouvernement », analyse Bineta Ba, directrice de l’organisme communautaire Toujours Ensemble. « Mais je pense qu’il faut d’abord et avant tout travailler avec un député. C’est ça qui est important pour nous. Quelqu’un, quel que soit le parti, qui est à l’écoute des citoyens. »

Saint-Jérôme

Au nord de Montréal, le portrait est totalement différent. Sur ses 68 000 habitants, Saint-Jérôme est francophone à 96 %. Le Parti québécois y est souvent le grand favori, à quelques exceptions près, comme en 2012, où Jacques Duchesneau avait été élu sous la bannière caquiste.

Depuis quatre ans, Saint-Jérôme se trouve au cœur des batailles politiques à surveiller et l’élection partielle pour remplacer l’ancien chef péquiste Pierre Karl Péladeau n’y échappe pas. Plus de 10 % des électeurs ont déjà voté par anticipation.

Naömie Goyette du PLQ, Marc Bourcier du PQ, Bruno Laroche de la CAQ et Marcel Gosselin de QS se présentent dans cette circonscription des Laurentides.

Contrairement aux deux dernières élections, il n’y a pas de candidats vedettes qui se présentent cette année dans Saint-Jérôme. Mais il y a des candidats très connus, très impliqués dans la communauté.

Un résident de la circonscription de Saint-Jérôme

Le maire de Saint-Hippolyte, Bruno Laroche, rêve de renouveler l’exploit de Jacques Duchesneau pour la Coalition avenir Québec. Mais la confiance règne chez le péquiste Marc Bourcier, enseignant pendant 35 ans et aujourd’hui conseiller municipal.

Pour le maire de Saint-Jérôme, l’enjeu de l’élection est énorme. « De toute évidence, le comté de Saint-Jérôme va donner une tendance et on sait qu’en politique, la tendance est ce qu’il y a de plus important. La prochaine élection provinciale est dans 20 mois », explique Stéphane Maher, qui s’attend à une lutte à trois. Si elle était élue, la candidate libérale, jeune restauratrice de 29 ans, aurait l’avantage d’être au gouvernement pour mieux aider la circonscription, estime le maire.

Arthabaska

« Une politique où les candidats descendent les uns et critiquent les autres, ça ne m’enthousiasme pas du tout. Malheureusement, dans la région, je ne me sens représentée par personne », explique la citoyenne Anne Beaumier, dans un café de Victoriaville.

Les opinions varient dans l'ancienne circonscription de Sylvie Roy, mais elles sont toutes empreintes d’amertume. Depuis la refonte de la carte électorale, l'ancienne députée caquiste, morte d’une hépatite aiguë en août, avait été élue à deux reprises avec de fortes majorités. Elle siégeait comme indépendante depuis août 2015.

Plusieurs candidats essaient d'utiliser la mémoire de Sylvie Roy pour gagner des votes, mais la tactique agace les électeurs.

« Je trouve que ça prend beaucoup de place présentement dans les médias et ça devrait en prendre un peu moins, qu’on entende davantage les idées », explique Andréanne, une autre citoyenne.

Parmi les neuf candidats, on compte Sarah Beaudoin (QS), Jacques Daigle (PQ), Luc Dastous (PLQ) ainsi qu'Éric Lefebvre (CAQ).

Si certains électeurs sont séduits par le parti au pouvoir, d’autres croient plutôt que le bilan des libéraux sera un boulet. « Évidemment, avec le marasme politique du parti qui est présentement au pouvoir, ce ne sera pas facile pour notre candidat ici, dit Martin. Je pense que c’est une excellente personne malheureusement. »

Le duel se dessine donc essentiellement entre le Parti libéral et la CAQ, même si les affiches du Parti conservateur du Québec ne passent pas inaperçues. La formation avait recueilli 5 % dans Chauveau, à Québec.

« Moi, je rêverais de partir un parti d’extrême centre », laisse tomber en riant Anne Beaumier.

Marie-Victorin

C’est un quartier péquiste, c’est un comté péquiste. Ça va rester comme ça, je le souhaite.

Un résident de la circonscription de Marie-Victorin

Si le sort de cette circonscription semble être jeté, certains électeurs admettent ne pas avoir suivi la campagne des 11 candidats qui briguent l’ancienne circonscription de Bernard Drainville. Les quatre grands partis ont chacun leur candidat : Julie Chapdelaine (CAQ), Catherine Fournier (PQ), Carl Lévesque (QS) et Normand Parisien (PLQ).

« Je ne connais personne, je ne les ai jamais rencontrés, je ne sais pas qui ils sont, alors ce n’est pas évident », avoue une dame à la Place Longueuil. « Je suis très très très indécise », dit-elle en riant.

Depuis 2007, Bernard Drainville a défendu les intérêts de Marie-Victorin ainsi que de nombreux projets du PQ, comme la charte de valeurs. Après avoir tenté de succéder à Pauline Marois en 2015, l’ancien journaliste de Radio-Canada ne s'est pas lancé dans la dernière course à la direction. Il a démissionné au mois de juin pour coanimer une émission de radio avec Éric Duhaime sur les ondes de FM93 à Québec.

Avec 7,5 % des 47 264 électeurs qui ont voté par anticipation, les élections partielles ne suscitent pas le même intérêt dans ce bastion péquiste que lors des élections en 2014. Pas moins de 17,26 % des habitants de cette circonscription de Longueuil s’étaient alors rendus aux urnes avant le jour de l'élection.

— Avec les informations de Jean-Sébastien Cloutier, Normand Grondin et Hugo Lavallée

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