Retour

Des étiquettes nutritionnelles sur le devant des emballages

Santé Canada souhaite aider les consommateurs à identifier plus clairement les aliments riches en sucre et en matières grasses en apposant sur le devant des emballages un petit tableau, en plus de celui qui se trouve déjà à l'arrière ou sur le côté de l'emballage et qui est plus détaillé.

L’agence a annoncé de nouvelles modifications au Règlement sur les aliments et les drogues qui permettront d’identifier les aliments problématiques en fonction de certains seuils.

Le tableau sera par exemple exigé sur les aliments préemballés qui présentent plus de 15 % de la valeur quotidienne recommandée de sucre, de sodium et de gras saturés.

Quelques aliments feront toutefois l’objet d’une exemption comme les viandes crues composées d’un seul ingrédient et les aliments vendus dans les marchés d’agriculteurs. L’exemption s’appliquera également aux éléments dont les effets positifs pour la santé ont été prouvés comme les fruits et les légumes, la plupart des huiles végétales et le lait entier ou à 2 %.

L’agence fédérale croit que les Canadiens seront ainsi en mesure de faire des choix plus éclairés à l'épicerie.

Un avis que partage Corinne Voyer, directrice de la Coalition québécoise pour la problématique du poids. « Ce qu’on vise avec ce logo-là, c’est de mieux informer le consommateur sur des produits qu’on pense sains et que l’on achète au quotidien », indique-t-elle.

En plus d'exiger un nouveau tableau sur les emballages, Santé Canada souhaite uniformiser l’étiquetage des édulcorants, réviser les définitions des huiles hydrogénées et augmenter la quantité de vitamine D ajoutée dans le lait et la margarine afin d’aider la population à atteindre les apports quotidiens recommandés.

Des efforts de modernisation

Ce projet s’inscrit dans les différents efforts de Santé Canada pour moderniser l’étiquetage des aliments. La refonte, mise en branle en 2013, a donné lieu à une série de modifications au cours des dernières années, dont une nouvelle réglementation pour faciliter la lecture des éléments nutritifs dans les listes d’ingrédients.

Par exemple, tous les ingrédients à base de sucre (mélasse, cassonade, etc.) sont désormais regroupés ensemble et affichés en ordre décroissant selon leur quantité.

Le tableau des valeurs nutritives est lui aussi plus clair. L’apport des éléments nutritifs y est exprimé en pourcentage des besoins quotidiens.

Les acteurs de l’industrie alimentaire ont toutefois jusqu’en 2021 pour rendre leurs produits conformes aux nouveaux règlements de Santé Canada.

L’ensemble de ces propositions fait partie d’une stratégie plus large visant à favoriser une alimentation plus saine. Il s’agit d’une façon de combattre l’épidémie d’obésité qui continue de gagner du terrain au pays, particulièrement chez les enfants.

L’alimentation riche en sucres, en gras saturés et en sodium est aussi liée à d’autres problèmes de santé comme les maladies cardiovasculaires et le diabète de type 2.

Parmi les autres mesures attendues dans le cadre de la stratégie fédérale, il y a la présentation du nouveau Guide alimentaire canadien, dont la dernière édition date de 2007, et l’interdiction des gras trans, qui doit entrer en vigueur en septembre prochain.

Santé Canada s’engage à accueillir les commentaires du public et des intervenants sur les modifications proposées à l’étiquetage sur les emballages jusqu'au 26 avril.

Plus d'articles