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Des excuses au ministre Navdeep Bains, invité à retirer son turban dans un aéroport américain

Le ministre fédéral de l'Innovation, des Sciences et du Développement économique, Navdeep Bains, soutient qu'il a été victime d'un excès de zèle lors d'un contrôle de sécurité dans un aéroport américain l'an dernier, lorsqu'un agent a insisté pour qu'il retire son turban. L'incident a poussé le gouvernement Trudeau à faire un suivi auprès des autorités américaines, qui se sont excusées.

Navdeep Bains affirme que l’incident s’est produit en avril 2017, à l’aéroport métropolitain de Détroit.

M. Bains a dit au journal La Presse qu’il avait déjà passé tous les points de contrôle de sécurité réguliers, incluant le détecteur de métal, lorsqu’on lui a demandé de se soumettre à des fouilles supplémentaires.

Il soutient qu’un agent a eu de la difficulté à effectuer un test de prélèvement, se trompant sur le résultat.

Ce même agent lui a ensuite demandé d’enlever son turban, dont le port est obligatoire pour les membres de la communauté sikhe, à laquelle il appartient.

Navdeep Bains explique qu’il a tenté de demeurer calme et a demandé à l’agent si une autre option était possible.

Le pouvoir du passeport diplomatique

Navdeep Bains raconte que l’agent a accepté de lui faire passer un autre test, qui n'a rien révélé d'anormal. Le ministre a ensuite obtenu la permission de se rendre à sa porte d’embarquement.

Mais il allègue qu’environ 20 minutes avant de décoller, un agent de sécurité l’a rejoint à cette porte. Selon M. Bains, l'agent lui a dit que le protocole n’avait pas été suivi et qu’il devait retourner au point de contrôle de sécurité et enlever son turban.

C’est à ce moment que Navdeep Bains a décidé de sortir son passeport diplomatique. Il avait montré son passeport canadien pour tous les autres contrôles. Selon M. Bains, l’agent de sécurité a alors arrêté ses démarches.

« Une fois que les agents se sont rendu compte de mon identité, ils ont affirmé qu'ils avaient fait des appels et que tout était correct, que je pouvais partir », dit Navdeep Bains.

Cette réponse l'a étonné.

Intervention du gouvernement Trudeau et excuses

M. Bains indique que lors de ses déplacements en avion, il n’aime pas révéler son statut, pour vivre la réalité des gens qui ne sont pas ministres ou législateurs.

Il soutient que l’incident est embarrassant et qualifie le comportement des agents de sécurité américains de « très insistant et difficile ».

Selon le bureau de Navdeep Bains, Affaires mondiales Canada a contacté les autorités américaines. Les secrétaires généraux des départements américains de la Sécurité intérieure et du Transport ont ensuite offert des excuses verbales.

Dans une déclaration à CBC, un porte-parole de l’Administration pour la sécurité des transports des États-Unis (TSA) soutient que l’organisme a révisé la vidéo de l’incident et a conclu que l’agent n’a pas suivi les procédures normales en pareilles circonstances. L’agent en question a subséquemment reçu une formation supplémentaire.

« Toute personne qui se couvre la tête peut être sujette à un contrôle de sécurité additionnel, poursuit-il, qui peut inclure une fouille par palpation menée par un agent ou par soi-même. La TSA effectue ce type de procédure pour s’assurer que des objets interdits ou des armes ne sont pas dissimulés dans n’importe quel type de vêtements et ensuite transportés dans l’avion. Cette politique s’applique à tous les types de couvre-chefs et ne s’adresse pas à un groupe en particulier. »

« Lorsque c’est possible, dit M. McCarthy, les passagers doivent retirer ce qu’ils ont sur leur tête avant de passer le contrôle de sécurité. Nous reconnaissons que certains passagers ne peuvent pas ou ne veulent pas enlever un item pour des raisons religieuses, médicales ou autres. Ceux-ci devraient alors s’attendre à se soumettre à un protocole de contrôle additionnel. »

M. Bains a par ailleurs souligné qu'il n’a jamais vécu de situation semblable dans un aéroport canadien.

Jeudi, des collègues de M. Bains se sont portés à sa défense.

« Au Canada, les agents de l’ACSTA (Administration canadienne de la sûreté du transport aérien), par lesquels on doit passer pour la sécurité à l’aéroport, comprennent très bien qu’il faut bien sûr s’occuper de la sécurité, mais il y a des règles et il faut respecter les gens qui passent à travers la sécurité », a indiqué le ministre des Transports, Marc Garneau, lors d’une mêlée de presse.

« Alors moi, je vais m’occuper de notre pays, et m’assurer que nous on suit les règles ici au Canada », a-t-il poursuivi.

« On veut toujours protéger la diversité », a souligné pour sa part la ministre du Patrimoine canadien, Mélanie Joly.

« On veut toujours s’assurer qu’on respecte la liberté de religion des gens, a-t-elle dit. Et moi, je suis toujours en solidarité avec mes collègues de différentes religions qui font partie du Cabinet. »

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