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Des femmes font part de leurs difficultés en tant que politiciennes

Joanne Bernard se souvient du choc qu'elle a éprouvé lorsqu'elle a quitté le secteur à but non lucratif pour travailler en politique provinciale en Nouvelle-Écosse. Elle dit être devenue à ce moment la cible de critiques acerbes en ligne, certains s'attaquant à son poids, d'autres à son orientation sexuelle.

Joanne Bernard affirme avoir rapidement appris qu'elle n'était pas la seule politicienne canadienne à subir ce sort, citant les cas de Kathleen Wynne en Ontario, de Rachel Notley en Alberta et de Christy Clark en Colombie-Britannique.

« Ce n'est pas quelque chose pour laquelle les femmes sont préparées », a confié Joanne Bernard, qui était ministre des Services communautaires en Nouvelle-Écosse avant d'être défaite aux dernières élections générales du mois de mai.

« La plupart d'entre nous avons différents parcours de vie, où ça ne fait pas partie de notre réalité. C'est lorsque j'ai été élue que je suis devenue une cible », a-t-elle ajouté.

La démission de Cathy Bennett

Cathy Bennett a démissionné de son poste de ministre des Finances à Terre-Neuve-et-Labrador, lundi, évoquant des raisons personnelles. Bien qu'elle n'ait pas donné de détails sur son départ, il y a seulement six mois, elle avait convoqué des journalistes femmes pour leur faire part des « abus infâmes et sexuellement explicites » dont elle avait fait l'objet sur la toile.

Cathy Bennett avait cité plusieurs courriels dans lesquels on la traitait de « monstre » et de « sorcière ». L'auteur d'un message lui souhaitait même « de s'étouffer dans son déjeuner » et de « faire une faveur au monde en se tuant ».

Joanne Bernard dit avoir parlé à Cathy Bennett de cyberintimidation le mois dernier, lorsque les deux femmes ont participé à une entrevue sur le sujet. « Elle [Cathy Bennett] a affronté plusieurs attaques personnelles horribles », a-t-elle dit.

Cathy Bennett n'a pas répondu aux demandes d'entrevue, mardi.

Le cas de Lenore Zann

Malgré toutes les avancées des femmes en politique au Canada, les politiciennes subissent les contrecoups de ces progrès sur les réseaux sociaux, selon Joanne Bernard.

À Halifax, la politicienne Lenore Zann, s'est souvenu de sa propre expérience d'intimidation, en 2013, lorsqu'un internaute avait publié une photo d'elle les seins nus. Lenore Zann, une députée de la région de Truro, avait porté plainte.

L'ancienne actrice et productrice dit avoir été harcelée sur Twitter pendant deux semaines par un jeune homme qui avait publié une photo d'elle, qui était apparue les seins nus dans la série The L Word.

L'internaute avait refusé de retirer la photo et d'autres renchérissaient en partageant l'image et en y ajoutant des insultes vulgaires.« Beaucoup de femmes voient ce qui arrive et se disent: “ Je ne veux pas aller en politique ” », a témoigné Lenore Zann.

La politicienne, qui a plus tard retiré sa plainte, dit être restée loin de Twitter pendant un an. « Je ne voulais pas subir ce genre d'intimidation et de harcèlement sexuel. »

Lenore Zann et Joanne Bernard estiment qu'il faut s'attaquer à l'anonymat des internautes. « Quand ils mettent cette cape [d'anonymat], ils se sentent invisibles », a souligné Lenore Zann.

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