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Des gains à l’arraché pour Trudeau en Chine

Une semaine jour pour jour après avoir entrepris sa mission en Chine, Justin Trudeau termine sa visite chez le géant asiatique comme il l'a commencée, en multipliant rencontres et visites d'affaires.

Yavn Côté

  Un texte de notre correspondant en Chine Yvan Côté

L'objectif de son séjour était de créer des liens durables avec Pékin. « Une mission accomplie », pensent presque tous les observateurs interrogés. Du côté économique cependant, Justin Trudeau a dû essuyer certains revers.

Comme lors de chacun de ses événements en Chine, la salle est comble lorsque Justin Trudeau se présente devant la Chambre de commerce canadienne à Hong Kong. Le premier ministre répète ses grands thèmes : une économie ouverte sur le monde, des décisions qui vont profiter à la classe moyenne, l'importance de promouvoir les produits canadiens sur la plateforme Alibaba.

Un discours qui, de toute évidence, charme les gens d'affaires, qui apprécient le vent de renouveau qu'apporte le premier ministre dans les relations avec Pékin. Plusieurs d'entre eux rappellent que les liens étaient difficiles sous l'ancien gouvernement.

« D'habitude, à la fin d'une mission, on a tendance à crier victoire, indique Trudeau, et de parler de ce qui a été accompli. C'est certainement ce que je pourrais faire aujourd'hui », s'est félicité le premier ministre.

Mais alors que le premier ministre se félicite des 56 contrats ratifiés d'une valeur de plus de 1 milliard de dollars et de son lien d'amitié renouvelée avec Pékin, au fond de la salle, Guy Cloutier fronce les sourcils.

L'entrepreneur québécois habite en Chine depuis 15 ans. Sa vision de la mission est bien différente de celle présentée par le premier ministre.

De grands dossiers restent inachevés

Ottawa et Pékin n'ont, en effet, jamais réussi à s'entendre sur une solution à long terme à propos des exportations de canola, et Kevin Garratt, le Canadien accusé d'espionnage pour le compte d'Ottawa, ne sera pas libéré, malgré le fait que le gouvernement fédéral nie catégoriquement avoir eu des liens avec lui.

La Chine, elle, a fait des gains dans certains secteurs clés.

Certaines de ses entreprises, comme le constructeur de camions et autobus électriques BYD, obtiendront des contrats lucratifs au Canada. De plus, Ottawa a annoncé qu'elle se joindrait à la Banque asiatique internationale en infrastructures, ce qui constitue un appui de taille pour Pékin, puisque les États-Unis avaient demandé à ses alliés de ne pas y adhérer.

« La Chine est gagnante sur toute la ligne », pense Guy Cloutier, mais il tient à mettre un bémol.

La première surprise risque d'être la visite du premier ministre chinois, Li Keqiang, à Ottawa et à Montréal dans quelques semaines. Environ 50 des entrepreneurs les plus influents du pays devraient aussi effectuer une mission économique au Canada au mois d'octobre.

Et pour ceux qui ont des craintes en ce qui concerne les droits de la personne, Justin Trudeau dit avoir soulevé la question chaque fois qu'il a rencontré des dirigeants du Parti communiste.

« Discuter avec la Chine ne veut pas dire que le Canada néglige sa position sur les droits de la personne », a-t-il d'ailleurs tenu à souligner. « Au contraire a-t-il ajouté, c'est en ayant de bons liens avec la Chine que l'on pourra influencer le pays. » 

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