Retour

Des lacunes dans l’inspection des centrales nucléaires canadiennes

Les inspections menées par la Commission canadienne de sûreté nucléaire (CCSN) n'ont pas été gérées adéquatement, constate la commissaire à l'environnement. Dans son rapport de l'automne 2016, Julie Gelfand relève de nombreuses lacunes et presse l'organisme de mieux planifier ces exercices nécessaires à la sécurité de la population.

Un texte de Catherine Lanthier

Quatre centrales nucléaires sont en service au Canada : trois en Ontario, et une au Nouveau-Brunswick. La CCSN a la responsabilité de délivrer les permis pour en autoriser l'exploitation, et réglemente l'utilisation de l'énergie et des substances nucléaires.

Dans son rapport, la commissaire note que la CCSN « n'a pas pu démontrer qu'elle disposait d'un processus systématique adéquat, fondé sur les risques, pour planifier ses inspections des installations dans les centrales nucléaires ».

La CCSN a le devoir d'assurer que les centrales nucléaires sont exploitées de façon sécuritaire au pays. Le rapport recommande que l'organisme fédéral indépendant mette en œuvre un processus de planification bien documenté pour l'inspection des centrales, qui doit prévoir la fréquence minimale et le type d'inspections nécessaires.

Inspections annulées et manque de ressources

Par ailleurs, le rapport révèle que plus de la moitié des inspections prévues dans les plans annuels des exercices 2013-2014 et 2014-2015 n'ont pas été réalisées. Le manque de disponibilité des inspecteurs et l'absence de guides d'inspection expliqueraient en partie ces décisions.

La commissaire à l'environnement note que l'organisme n'a pas affecté un nombre suffisant d'employés à l'inspection de ses installations, des informations cependant contredites par la haute direction.

Néanmoins, des inspecteurs et des superviseurs travaillant dans chacune des centrales ont déploré un manque d'inspecteurs ou encore un manque d'inspecteurs de niveau hiérarchique approprié.

La commissaire à l'environnement n'a pas été en mesure de déterminer l'importance des inspections annulées, parce que les raisons étayant ces décisions n'ont pas été documentées.

La CCSN n'a pas toujours respecté ses propres procédures

La commissaire note également que la CCSN n'a pas toujours respecté ses propres procédures d'inspection, ce qui « s'est traduit par des incohérences, des lacunes dans la documentation ». Le manque de précisions dans les directives fournies aux inspecteurs a fait en sorte que des renseignements ont été égarés, ce qui permet de douter de l'exactitude des rapports d'inspection.

Le rapport de la commissaire à l'environnement recommande que l'organisme conçoive des guides d'inspection détaillés, pour assurer que les centrales nucléaires se conforment aux exigences réglementaires. Par ailleurs, le rapport note que la CCSN a « tardé à délivrer les rapports d'inspection définitifs aux exploitants des centrales nucléaires dans environ le tiers des cas ».

La Commission canadienne de sûreté nucléaire a accepté les recommandations de la commissaire à l'environnement et au développement durable, et travaille actuellement à remédier aux problèmes soulevés dans ce rapport.

Cet audit porte uniquement sur la gestion des inspections des centrales nucléaires, et non sur la sûreté générale des centrales au pays.

Les quatre centrales nucléaires en activité au Canada :

  • Bruce (Ontario) : 8 réacteurs
  • Darlington (Ontario) : 4 réacteurs
  • Pickering (Ontario) : 6 réacteurs
  • Point Lepreau (Nouveau-Brunswick) : 1 réacteur

Plus d'articles