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Des maires gaspésiens songent à se lancer en politique provinciale

Les élections provinciales arrivent à grands pas. Si certains élus municipaux ont déjà décidé de briguer les suffrages pour une place à l'Assemblée nationale, d'autres sont en réflexion. Avant de se lancer, il est souhaitable de réfléchir à la relève au conseil municipal s'ils décident de faire le saut en politique provinciale.

Un texte de Jean-François Deschênes

Parmi ceux qui ont été approchés pour représenter un parti politique provincial, il y a le maire des Îles-de-la-Madeleine, Jonathan Lapierre. Cependant, il n'est pas question pour lui de dévoiler pour quelle formation son cœur balance.

Le maire aimerait faire entendre la voix des Madelinots au Parlement, mais il n’est pas certain si le moment est bien choisi. « C’est une question de momentum. Il y a une question familiale qui est très importante. Il y a une question aussi du travail qui n’est pas terminé à la mairie des Îles. »

Le député actuel pour l'archipel, Germain Chevarie a déjà annoncé qu'il ne souhaite pas retourner à l'Assemblée nationale.

Si le maire Lapierre est toujours en réflexion, celui de Saint-Alexis-de-Matapédia a déjà annoncé ses couleurs. Guy Gallant a fait connaître son désir de représenter la circonscription de Bonaventure pour le Parti libéral. « C’est dans le but d’amener mes pensées, ma façon de travailler, des changements. »

Le comité local devra décider s’il y aura une investiture ou non.

Le député actuel de Bonaventure, Sylvain Roy, sera de la lutte, pour le Parti Québécois.

Est-ce que les maires doivent démissionner?

Québec a répondu à cette question en 1980 : il est interdit de cumuler les fonctions de maire et de député en même temps.

Si le maire, le conseiller ou le préfet élu remporte ses élections, le nouveau député sera démis de ses anciennes fonctions municipales lors de l’assermentation. La municipalité devra donc retourner en élections.

Toutefois, il n’y a rien qui précise la situation pendant la période électorale. Un maire peut continuer de siéger à l’hôtel de ville en pleine campagne.

Les observateurs conseillent cependant de se retirer, le temps des élections, pour éviter les apparences de conflits d’intérêts.

Guy Gallant a déjà prévu ce moment. S’il est désigné candidat, il se retirera de la vie politique municipale le temps des élections. Tout est une question d'organisation selon lui.

Encadrer la situation d'un élu en campagne électorale?

Est-ce qu’il devrait y avoir des règles claires pour dicter la marche à suivre lorsqu'un maire se présente à des élections à un autre niveau de gouvernement? Non, croit le politologue de l’Université du Québec à Rimouski, Jean Bernatchez.

L’impact serait sérieux dans les petites municipalités où un maire joue un rôle important dans la gestion de son milieu. « On pourrait penser qu’un maire dans une toute petite municipalité de 600 habitants, qui a une gestion absolument exemplaire de sa municipalité et qui décide de se présenter pour le Parti vert pour faire la promotion de ces idées-là, et qu’il soit tenu de devoir sacrifier sa carrière municipale pour ça, ça pourrait être délicat. »

M. Bernatchez croit qu'une législation plus sévère pour les élus pourrait en décourager plusieurs de poursuivre leur carrière politique à un autre niveau.

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