Retour

Des milliers de kilomètres parcourus : ce qui se cache derrière les autobus des partis

CARTE - Le Grand Toronto ultra visité, d'autres régions carrément boudées. Après près d'un mois sur la route à parcourir des milliers de kilomètres, les trajets des trois chefs nous permettent de voir la campagne sous un autre oeil.

Un texte de Jérémie Bergeron

Sans surprise, les autobus des partis ont majoritairement roulé dans le Grand Toronto, connu aussi comme les régions du 416 et du 905, les indicatifs régionaux du coin. Ce sont des circonscriptions clés de l’élection de jeudi, rappelle la politologue et professeure adjointe au Collège militaire royal du Canada, Stéphanie Chouinard.

« C'étaient des circonscriptions névralgiques entre autres pour le parti progressiste conservateur, donc on a passé énormément de temps dans ces circonscriptions-là, explique-t-elle. On va voir si les efforts vont porter fruit. »

Économiser des sous pour les libéraux ?

Depuis que Kathleen Wynne a jeté l'éponge, en admettant la défaite de son parti, les libéraux ne semblent pas trop s’éloigner du Grand Toronto. En partie pour sauver les meubles et garder quelques sièges libéraux, croit Stéphanie Chouinard.

Mais les déplacements limités seraient peut-être aussi liés à une question d’argent. « Le Parti libéral est en train de voir la possibilité qu’il pourrait ne pas être un parti officiel [après les élections] », soutient la professeure. Le scénario est probable, si les libéraux récoltent moins de huit sièges le 7 juin prochain.

Ottawa un peu oubliée

Doug Ford est allé au début et en fin de campagne dans la région de la capitale nationale. Les néo-démocrates, eux, ne sont passés qu’une seule fois à Ottawa. C’est Kathleen Wynne et les libéraux qui sont venus plus souvent, avec trois passages. Malgré tout, Mme Chouinard s’attendait à un peu plus de la part de la chef libérale, « qui semblait assez effacée ».

Plusieurs circonscriptions dans la région d’Ottawa sont importantes pour le parti, mais « la popularité descendante de Mme Wynne a peut-être eu comme résultat que ses ministres et les autres élus libéraux lui ont demandé de faire cavalier seul dans leur circonscription », estime la politologue.

Bataille à deux dans le Sud-Ouest

Les résidents du Sud-Ouest de la province ont pu croiser plus souvent les autobus des progressistes conservateurs et des néo-démocrates. « Les votes néo-démocrates, c'est une tendance qui s’est confirmée assez tôt dans la campagne, c’est peut-être pourquoi les libéraux n’ont pas voulu concentrer des efforts dans ces régions-là », poursuit Mme Chouinard.

Le NPD est le parti qui a fait le plus de route dans le nord de la province, un fait qui se justifierait également par une cristallisation hâtive des intentions de vote dans cet immense territoire.

Les itinéraires des chefs, d’une importance capitale

L’itinéraire des chefs au quotidien n’est pas à prendre à la légère. Aux dires de Stéphanie Chouinard, « ça peut faire toute la différence ». « Pour des bastions, ça renforce la présence du chef. Dans des circonscriptions où il y a des luttes chaudes, ça peut faire balancer les votes d’un côté ou de l’autre. »

Les partis ne révélaient qu’une journée à l’avance l’horaire de leur chef, permettant ainsi de s’adapter à la dernière minute, tout ça, dans l’espoir de faire changer d’avis ou de confirmer le choix des électeurs le moment tant attendu, dans l’isoloir.

Plus d'articles

Vidéo du jour


Un gros chien fait des vagues en apprenant à nager





Rabais de la semaine