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Des milliers de tentatives d’accès à des sites pornographiques bloquées à l'Assemblée nationale

Sur une période de trois mois, du 1er octobre au 31 décembre 2017, le réseau informatique de l'Assemblée nationale du Québec a bloqué 5877 tentatives d'accès à des sites web au contenu potentiellement pornographique, a appris Radio-Canada.

Un texte de Véronique Prince, correspondante parlementaire à Québec

Un tableau obtenu à la suite d’une demande d’accès à l’information révèle que le mois d’octobre enregistre le plus grand nombre de tentatives, soit une moyenne de presque 88 par jour. Nous avons essayé d’obtenir les données pour les autres mois de l’année, mais la direction des affaires juridiques n’était pas en mesure de nous les fournir, puisqu’elle ne les conserve pas systématiquement.

Le logiciel de filtrage et de contrôle de l’Assemblée nationale interdit automatiquement l’accès à des sites Internet externes classés comme ayant du contenu pornographique. Aucun internaute n’a donc pu y avoir accès dans l’enceinte du Parlement.

Ces tentatives peuvent avoir été effectuées à partir des 1500 ordinateurs des bâtiments de la colline Parlementaire ou des bureaux de circonscription connectés au réseau informatique.

Il est également possible d'accéder au réseau wi-fi visiteur à l'aide d'appareils mobiles (téléphones ou tablettes). Ce réseau peut aussi bien être utilisé par des parlementaires et leurs employés, que par du personnel administratif, des journalistes ou des visiteurs.

Il est possible que la majorité de ces tentatives de connexion ne soit pas volontaire. L’Assemblée nationale précise que le moteur automatisé ne permet pas de départager les cas où un utilisateur tente explicitement d’accéder à ce genre de site web. Le blocage peut être causé par une bannière publicitaire, une erreur de l’internaute ou par un logiciel tiers. De plus, certains sites francophones peuvent être classés, à tort, comme ayant du contenu pornographique.

Nous n'avons pas été en mesure de réaliser une entrevue avec le responsable du réseau informatique de l'Assemblée nationale, mais nous avons pu obtenir des réponses à nos questions par courriel. La conseillère en communication, Julie Champagne, précise que « certains virus peuvent générer un nombre élevé de requêtes automatiques vers des sites Internet à contenu pornographique. Les virus sont nettoyés dès qu'ils sont détectés, mais dans l'intervalle, ils peuvent générer un nombre important de connexions non autorisées, sans que l'usager du poste informatique s'en aperçoive ».

Le réseau wi-fi peut être accessible à l'extérieur des bâtiments, mais sa portée serait très limitée.

Notre requête pour obtenir ces données s’inspire de celle formulée par la Press Association au début de l’année 2018. Les résultats obtenus par cette agence de presse révélaient que 24 473 tentatives d’accès à des sites pornographiques avaient été enregistrées au Parlement britannique entre juin et octobre 2017, alors que la classe politique était secouée par des scandales de harcèlement sexuel ou de comportements déplacés.

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