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Des pancartes électorales « inintéressantes » à Gatineau

Les pancartes électorales qui envahissent le paysage visuel de Gatineau depuis le début du mois de septembre manquent de créativité et sont inintéressantes, selon une experte de l'image.

Un texte de Nadine Phaneuf pour Les malins

Valérie Yobé est directrice de l’École multidisciplinaire de l’image à l’Université du Québec en Outaouais (UQO). Elle déplore qu’autant d’argent soit investi dans des campagnes visuelles plutôt faibles.

Madame Yobé, designer graphique de métier, comprend mal que la photo des candidats se retrouve presque à tout coup sur la pancarte électorale : « C’est le culte de la personnalité, comme dans l’immobilier. Depuis quand ce culte fait-il acheter une maison? On se souvient de la photo, mais pas du message. »

Des suggestions pour les candidatsL’experte de l’image de l’UQO souhaiterait que les candidats livrent un véritable message sur leur affiche. Elle cite en exemple des pancartes de l’aspirant à la mairie Denis Tassé sur laquelle on peut lire « Agissons! » ou « Avançons! ». « Agissons comment, où, quand? Avançons, c’est une vérité de La Palice. C’est certain qu’on ne veut pas reculer. », ajoute madame Yobé.

Elle suggère aux candidats de mettre de l’avant une idée forte, un slogan qui dit quelque chose. Et, pour y arriver, de faire participer les citoyens à l’élaboration de la campagne visuelle.

Elle propose par exemple aux candidats d’aller à la rencontre des électeurs pour connaître leurs préoccupations et de concocter par la suite une affiche qui reflète la position du candidat par rapport aux éléments mentionnés. « Selon moi, ce n’est pas une mauvaise volonté de la part des candidats et de leurs équipes, ni même un manque de ressources. C’est juste qu’on n’y réfléchit pas, on ne pense pas à changer les façons de faire », précise Valérie Yobé.

Aller encore plus loin avec le design socialCes réflexions de Valérie Yobé font partie de ce qu’on appelle le design social, une vision qui gagne en popularité en Europe et à New York notamment, mais qui est encore peu connue au Québec.

On parle de design social quand les designers graphiques mettent leur art au service de la communauté pour l’aider à s’exprimer visuellement dans son environnement.

Les designers rencontrent des familles, des enfants, des comités de quartiers et créent avec eux des affiches, du mobilier urbain ou de la signalisation afin qu’ils se réapproprient leur milieu de vie.

« On réfléchit ensemble. Les habitants d’un territoire ont des choses à dire. On leur offre du tangible, pas de l’individualisme ou du numérique. »

Madame Yobé croit que les candidats aux élections municipales pourraient s’inspirer de ce mouvement social.

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