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Des refuges supervisés avec alcool et des haltes-chaleur plus accessibles pour les itinérants, propose Coderre

Le maire sortant de Montréal, Denis Coderre, promet d'étudier la possibilité d'aménager un refuge pour itinérants où la consommation d'alcool serait permise et supervisée, aussi appelé « wet shelter », s'il est réélu le 5 novembre prochain.

Denis Coderre compare ce type de refuge aux centres d’injection supervisée, qui visent à encadrer la consommation et à offrir des services aux utilisateurs de drogues. Les itinérants en état d’ébriété sont souvent refusés dans les refuges normaux.

« Le message qu’on envoie, c’est qu’au même titre qu’il y a une réalité de toxicomanie, il y a une réalité d’alcoolisme, a expliqué M. Coderre en conférence de presse, mercredi. Dans le fond, c’est de trouver un endroit où ils puissent consommer en toute sécurité, mais ce n’est pas consommer pour consommer, c'est vraiment pour les accompagner et les aider dans leur développement, dans leur cheminement. »

Denis Coderre affirme que cette évaluation sera menée avec la volonté de réaliser le projet. Il faut, par exemple, identifier l’endroit approprié pour implanter ce refuge et la façon de le faire. Des organismes comme la Maison Jean-Lapointe ou le Centre Le Portage pourraient aussi être mis à contribution. « Il y a un mot merveilleux en politique qui est "projet pilote" », a-t-il précisé, en anglais.

En entrevue à La Presse canadienne, le directeur du Réseau d'aide aux personnes seules et itinérantes de Montréal (RAPSIM), Pierre Gaudreau, dit voir une « bonne nouvelle » dans le développement de ce concept qui existe notamment à Ottawa et à Toronto. Il affirme que la Ville, le réseau de la santé, la police et les organismes en itinérance avaient identifié ce besoin et en discutent depuis plus d’un an.

« On rattache des gens qui sont dans l'espace public et qui sont en grande difficulté à des services. Il y en a qui consomment déjà et qui vont continuer à consommer, mais il y en a d'autres qui vont pouvoir être mis en contact avec des intervenants, des gens du Centre Dollard-Cormier ou d'autres ressources pour réduire leur consommation, avoir une consommation plus contrôlée ou carrément arrêter », explique M. Gaudreau.

Le fondateur de l'organisme SOS Itinérance, Alexandre Paradis, souhaiterait un tel refuge dans l'arrondissement de Mercier-Hochelaga-Maisonneuve, par exemple. « Parce que présentement, avec le 375e anniversaire de Montréal, on déplace l’itinérance vers l’ouest et vers l’est de Montréal », a-t-il dit à Radio-Canada.

Des haltes-chaleur plus accessibles

Denis Coderre promet aussi d’ouvrir les haltes-chaleur en tout temps, de décembre à avril, au lieu de se limiter aux soirées les plus froides. « Au lieu de juste regarder le thermomètre et puis [dire] : "OK, là vous l’ouvrez", on va se donner peut-être une stratégie beaucoup plus humaine, en quelque part, pour qu’on puisse les aider à cheminer davantage », a-t-il ajouté. Denis Coderre s'était déjà engagé en janvier 2016 à revoir les critères d'ouverture des haltes-chaleur.

Présente à la conférence de presse qui se déroulait dans les locaux du journal L'Itinéraire, la rédactrice en chef, Josée Panet-Raymond, a salué l'idée d'augmenter l'accessibilité de haltes comme celles du CAP St-Barnabé, avenue Bennett dans Hochelaga-Maisonneuve, ou de la Mission St. Michael's, avenue du Président-Kennedy, au centre-ville. « On sait comment, au Québec, la température peut changer drastiquement et en très peu de temps. Alors, il y avait beaucoup de gens qui ne savaient jamais si les centres allaient être ouverts ou non », a-t-elle illustré.

M. Coderre promet aussi d’ajouter 400 unités dans des maisons de chambre, ce qui sera facilité, dit-il, par la dévolution de pouvoirs en matière d’habitation prévue dans la loi sur le statut de métropole adoptée récemment à l’Assemblée nationale du Québec.

Le candidat à la mairie veut développer des centres de jour et de soir dans les arrondissements, parce que le problème de l'itinérance ne se limite pas au centre-ville. Il promet aussi d'adapter les services municipaux à des clientèles comme les jeunes, les Autochtones, les aînés, les personnes handicapées, les membres de la communauté LGBTQ+, les communautés culturelles et les femmes.

Le maire sortant rappelle aussi qu'un nouveau décompte des sans-abri à Montréal est prévu, pour mesurer l'évolution du phénomène sur une période de trois ans. Le communiqué d'Équipe Coderre pour Montréal rappelle aussi la nomination, en avril 2016, de l'ex-directeur général de L'Itinéraire Serge Lareault au poste de protecteur des personnes en situation d'itinérance.

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