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Des résidents de Sault-Ste-Marie dénoncent les tarifs sur l'acier

Les résidents de Sault-Ste-Marie ne se disent pas surpris de l'imposition par les États-Unis de tarifs douaniers sur l'acier, mais ils n'en craignent pas moins les conséquences sur l'économie de leur ville.

Un texte de Claudine Brulé

« L’économie de la ville s’est un peu diversifiée, mais elle est encore fortement dépendante de l’industrie de l’acier », dit Chuck Febbraro, qui a travaillé toute sa vie dans le petit restaurant familial près du centre-ville de Sault-Ste-Marie.

Son client assis au comptoir, Blake William Richard, renchérit : « Nous sommes toujours la ville de l’acier. »

M. Febbraro craint que ses clients réguliers ne viennent moins souvent, question d’économiser un peu au cas où l’économie de la région souffre de l’imposition des tarifs douaniers.

Le plus grand employeur de Sault-Ste-Marie est encore Algoma avec environ 2700 travailleurs. Il en a déjà eu 13 000.

Le bureau du maire Christian Provenzano ajoute que 5000 autres emplois sont indirectement liés à l’industrie de l’acier.

Le président par intérim de la Chambre de commerce de Sault-Ste-Marie, Don Mitchell, croit que l’impact se fera sentir dans les entreprises de sa communauté, mais aussi de l’autre côté de la frontière.

Les marchés sont étroitement liés, selon lui. C’est un des facteurs qui lui fait espérer que les tarifs ne seront pas en place bien longtemps.

C’est aussi ce que pense Chuck Febbraro. Derrière le comptoir de son petit restaurant, il dit croire que l’imposition de tarifs était un geste impulsif du président américain qu’il qualifie d’enfantin et il espère qu’il réalisera le tort qu’il cause à ses propres travailleurs.

Une autre résidente de Sault-Ste-Marie, Laura Vogl, parle aussi d’enfantillage de la part du président Donald Trump.

Laura Vogl souligne que l’industrie du bois est aussi importante dans la région et qu’elle aussi s’est fait imposer des tarifs douaniers importants récemment par les États-Unis.

En campagne électorale vendredi, les chefs des trois grands partis se sont présentés comme étant les mieux placés pour répondre aux besoins des travailleurs de l’acier, ébranlés après l’imposition de tarifs douaniers par Washington.

Le chef conservateur Doug Ford était d’ailleurs de passage à Sault-Ste-Marie vendredi.

Doug Ford affirme qu’il sera toujours là pour se battre au nom des travailleurs de l’acier, mais il n’a pas présenté de mesures concrètes pour les aider à faire face aux défis que représente l’imposition de tarifs.

Le chef progressiste-conservateur n’a pas manqué de souligner que le syndicat des Métallos qui représente les travailleurs de l’usine d’Algoma Steel a récemment appuyé son candidat à Sault-Ste-Marie.

C’est la première fois depuis des décennies que le syndicat n’appuie pas le NPD.

Le président du syndicat local des Métallos, Mike Da Prat, explique que ses membres ont été invités à voter après une rencontre avec les candidats locaux.

Il affirme que le résultat du vote ne représente toutefois pas l’opinion de tous ses membres.

L’appui de la section 2251 aux progressistes-conservateurs a été dénoncé par d’autres membres du syndicat des Métallos dans la province, dont Richard Leblanc.

Contrairement aux progressistes-conservateurs, les libéraux ont présenté des mesures pour aider l’industrie de l’acier à faire face aux tarifs douaniers.

Kathleen Wynne promet de compenser l’industrie de l’acier pour la moitié de la valeur des tarifs imposés et demande à Ottawa d’offrir une indemnisation pour l’autre moitié. Cela, dit Mme Wynne, permettra aux entreprises de demeurer concurrentielles le temps que les tarifs sont en place.

Plus tôt dans la semaine, elle a qualifié le président Donald Trump de « bully » [« brute »] et promettait de ne pas se laisser intimider.

La chef libérale accuse son adversaire néo-démocrate Andrea Horwath de ne pas savoir d’où vient le problème du protectionnisme et de l’attaquer au lieu de décrier les décisions de la Maison-Blanche.

Mme Horwath a lancé des flèches en direction de la première ministre sortante en disant qu’elle avait été inefficace dans ses efforts pour empêcher l’imposition de tarifs.

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