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Des syndicats couleur orange, courtisés par les rouges

En cette journée de la fête du Travail, les chefs du Nouveau Parti démocratique et du Parti libéral avaient tous les deux un message à envoyer aux syndicats, mais le premier semblait avoir davantage leur attention que le second.

Après avoir livré un discours devant des membres du syndicat Unifor, issu de la fusion du Syndicat canadien des communications, de l'énergie et du papier (SCEP) et des Travailleurs canadiens de l'automobile (TCA), qui appuie le NPD en Ontario, Thomas Mulcair s'est attaqué aux politiques jugées antisyndicales des conservateurs de Stephen Harper.

« Avec le gouvernement de M. Harper, on a vu des attaques sans précédent contre le mouvement syndical, a lancé le chef du NPD. Il s'ingère dans la négociation collective, il s'ingère avec des lois de retour au travail sans précédent. Nous avons une autre approche. Comme le mouvement syndical, on est là pour enlever les inégalités, pour créer des opportunités. »

En point de presse avant le défilé de la fête du Travail à Toronto, M. Mulcair a notamment rappelé sa promesse de convoquer les premiers ministres provinciaux à une rencontre pour discuter de l'avenir des régimes de retraite publics au Canada, dans les six premiers mois d'un éventuel gouvernement néo-démocrate. Le chef du NPD a promis qu'il consulterait aussi les milieux syndicaux et d'affaires à ce sujet.

Outre Unifor, des représentants du Congrès du travail du Canada et du Syndicat des métallos présents au défilé de Toronto ont clairement indiqué leur préférence pour les néo-démocrates. À l'est de la rivière des Outaouais, la Fédération des travailleurs du Québec (FTQ) et la Confédération des syndicats nationaux (CSN) offrent un appui stratégique à tout candidat qui pourrait déloger un conservateur.

Deux projets de loi adoptés au cours de la dernière session parlementaire sont dans la ligne de mire des syndicats. Le premier, issu du projet C-377, impose une obligation de transparence financière aux organisations syndicales. Le second, issu du C-525, modifie les règles d'accréditation syndicale et est considéré par plusieurs comme une ingérence dans la négociation collective.

Le NPD avait fait obstruction au projet de loi C-377 et obtenu des concessions sur le C-525, avant leur adoption respective. Les néo-démocrates promettent d'abroger ces lois s'ils forment le prochain gouvernement.

Trudeau se donne du temps

En réponse à des questions sur l'absence d'appui affiché des syndicats à l'endroit des libéraux, Justin Trudeau a rappelé qu'il avait lui aussi fait la promesse d'abolir ces deux projets de loi.

En point de presse à Mississauga, le chef libéral a affirmé qu'il avait parlé « à des organisations et des groupes partout au pays, y compris les syndicats [...] pour leur faire savoir que nous avons un vrai plan pour la croissance, pour investir dans la classe moyenne, pour construire le futur ».

« J'anticipe aussi l'appui des mouvements syndicaux du pays », a dit M. Trudeau, rappelant entre autres sa promesse d'investir des dizaines de milliards de dollars supplémentaires dans les infrastructures, au cours des 10 prochaines années, pour les porter à 125 milliards, tout en acceptant de présenter des budgets déficitaires jusqu'en 2019. Le chef libéral a souligné que les électeurs ont « plusieurs occasions » d'entendre parler des programmes des partis, dans le cadre de cette longue campagne.

Le chef libéral a critiqué l'approche de son adversaire néo-démocrate, affirmant avoir parlé « avec des gens dans ce pays qui sont déçus que M. Mulcair ait choisi des coupes et l'austérité en suivant le plan de M. Harper, au lieu d'investir dans les emplois et la croissance dont ont besoin les Canadiens ». M. Trudeau compte les convaincre de choisir le Parti libéral dans les semaines de campagne à venir.

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