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Des Vénézuéliens du Canada se disent inquiets, déprimés et angoissés

Des Vénézuéliens du Canada veulent alerter les Canadiens sur la crise politique et humanitaire qui secoue leur pays d'origine alors que le président Nicolas Maduro consolide ses pouvoirs

« La nourriture et les médicaments, c'est la catastrophe », lance Nereida Coello, âgé de 64 ans, qui a immigré à Montréal avec sa famille il y a huit ans.

Sa soeur reçoit une pension mensuelle de 12 $ et est incapable de se nourrir, tant les prix sont inabordables.

« Un kilo de pommes de terre se vend un dollar », a-t-elle expliqué en entrevue à La Presse canadienne. Toute sa famille souffre de malnutrition.

« Cette semaine, je prépare une petite boîte, raconte Mme Coello. Il y a des vitamines, des ibuprofènes, des médicaments, et un peu de nourriture comme des lentilles. » Elle prie pour que son colis ne soit pas intercepté par le régime.

Le gouvernement distribue les « CLAP », des sacs de nourriture, mais pour en obtenir « il faut être du parti de Maduro », souligne-t-elle.

Cette femme, qui a été professeure d'université toute sa vie, est déprimée. Elle angoisse en suivant les manifestations.

« Quand je vois une jeune qui est tué qui défend la liberté, je n'arrête pas de pleurer parce que c'étaient mes étudiants. Ça me brise le coeur. »

Sa fille, Francis Ortiz, 25 ans, est aussi très inquiète. « J'ai un ami du secondaire qui est allé manifester et qui est décédé, se désole-t-elle. C'est comme ça chaque jour. »

« Il y a plein de gens qu'on connaissait, dit la jeune femme. Ils vont simplement manifester pour un meilleur pays et ils se font tuer juste comme ça, soupire-t-elle. Ça bouleverse beaucoup trop. »

La crise humanitaire est si grave que « qu'on ne peut même pas trouver un diachylon dans un hôpital illustre la directrice des droits de l'homme à la Canadian-Venezuelan Engagement Foundation, Alessandra Polga.

Selon Mme Polga, le gouvernement canadien doit aller au-delà de la condamnation de la crise et agir concrètement.

Son message, qui fait écho à celui du Parti conservateur, est que le Canada devrait imposer des sanctions aux principaux membres du gouvernement vénézuélien comme le font les États-Unis.

Elle souhaiterait également voir un effort concerté entre le Canada et ses partenaires internationaux pour fournir de l'aide humanitaire et mettre fin aux violences.

« Combien de personnes doivent mourir au Venezuela pour qu'ils interviennent ? » demande-t-elle.

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