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Deux Canadiens libérés en Syrie tentaient de ramener des enfants au Canada, selon une source

Deux Canadiens, qui ont récemment été libérés par un groupe djihadiste affilié à Al-Qaïda en Syrie, ont été détenus alors qu'ils tentaient de ramener deux jeunes enfants au Canada, a appris CBC News.

Jolly Bimbachi, de Chatham, en Ontario, s'est rendue au Liban le 18 novembre dernier pour retrouver ses enfants, Omar Ahmad, 8 ans, et Abdal-Geniy Ahmad, 7 ans, après que son ex-mari, Ali Ahmad, qui les y avait emmenés en 2015, ne les eut jamais ramenés au Canada.

Le lendemain, elle a retrouvé ses fils et a déclaré à CBC News qu'elle espérait retourner au Canada avec les garçons.

Sean Moore, également de Chatham, a suivi Mme Bimbachi pour l'aider à ramener ses enfants, a déclaré un de ses amis, Jeff Bultje, à CBC News.

Un représentant du gouvernement qui a demandé à conserver l'anonymat a déclaré que le couple traversait la Syrie en direction de la Turquie avec les garçons lorsqu'ils ont été interceptés et retenus par des membres de Hayat Tahrir al-Cham (HTS), la branche syrienne d'Al-Qaïda.

Mme Bimbachi a alors donné à ses ravisseurs le numéro de téléphone de son ex-mari et les deux garçons ont été renvoyés au Liban, selon la source.

Toujours selon cette source anonyme, Mme Bimbachi et M. Moore ont été détenus de trois à quatre semaines et ont été autorisés à communiquer avec les autorités canadiennes par l'entremise du service de messagerie WhatsApp.

La source au gouvernement indique par ailleurs que Jolly Bimbachi et Sean Moore n’ont jamais été menacés physiquement, que HTS n'a pas exigé de rançon et qu’aucune rançon n'a été payée.

Les deux personnes se sont rendues au Liban à la fin de 2017, mais on ne sait pas quand elles ont finalement été libérées.

Affaires mondiales Canada « soulagé »

Contactée par Radio-Canada, une porte-parole du ministère canadien des Affaires étrangères, Amy Mills, a fait preuve d’une grande prudence en parlant de cette histoire.

Évoquant la Loi sur la protection des renseignements personnels, elle a refusé de confirmer l’identité des deux Canadiens ou de dire s’ils étaient retenus en Syrie contre leur gré.

« Nous sommes soulagés que deux citoyens canadiens aient quitté la Syrie en toute sécurité, s’est-elle contentée d’indiquer dans un courriel. Le gouvernement du Canada a fourni une aide aux Canadiens alors qu'ils étaient en Syrie et continueront de le faire », a-t-elle ajouté.

HTS ne figure pas sur la liste des entités terroristes du Canada

Le groupe HTS a l'habitude de changer de nom et de modifier sa structure afin de confondre les étrangers et la population syrienne au sujet de ses véritables affiliations.

Par conséquent, l’organisation ne figure pas sur la liste des entités terroristes désignées du Canada après son dernier changement de nom.

Cela complique les choses si jamais le Canada veut poursuivre les Canadiens qui se déplacent pour se joindre au groupe, lui envoyer de l'argent ou faire de la propagande en son nom.

HTS est né sous le nom de Front Al-Nosra et est arrivé en Syrie en 2011 à la demande du chef d'Al-Qaïda en Irak, Abou Bakr Al-Baghdadi, aujourd'hui « calife » de l'État islamique (EI). Le Front Al-Nosra était alors dirigé par le djihadiste syrien Abu Mohammad Al-Jawlani.

Les États-Unis ont inscrit le groupe sur leur liste des entités terroristes en 2012, à titre de branche syrienne d'Al-Qaïda, et le Canada leur a emboîté le pas.

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